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« L’image dans le livre. Cadre, cadrage XVIe-XVIIIe siècles », revue Textimage, automne 2023 (Actes du colloque des 23 et 24 janvier 2020, IHRIM - Université Jean Moulin Lyon 3, sous la direction de Maxime Cartron et Olivier Leplatre).

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André Menezes Rocha, Spinoza : délibération et liberté, introduction de Syliane Malinowski-Charles, Paris, Hermann, coll. « République des Lettres », 2023.

Résumé

La critique de l’hypothèse théologique du libre-arbitre n’a pas seulement un côté négatif, mais aussi un côté positif. La réfutation du créationnisme et du volontarisme ne se résume pas à une négation de la liberté, au nom d’un mécanisme déterministe ou d’une doctrine soi-disant « subversive » telle que celle du « matérialisme athée » que Leo Strauss attribuait à Spinoza. La réfutation du libre-arbitre et de toute la servitude cachée par cette illusion ne se complète que par la démonstration positive de ce qui était visé inadéquatement par l’illusion, c’est-à-dire par la puissance de la raison humaine de connaitre adéquatement le bon et le mauvais dans les passions humaines et, ensuite, par sa puissance de délibérer sagement sur les affections du conatus sous la perspective de l’éternité, ce qui constitue la nouvelle conception de la liberté chez Spinoza.

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Tarquinio Galluzzi, Commentaire sur l’élégie, Texte édité et traduit par Émilie-Jade Poliquin, introduction et notes par Nicholas Dion, Émilie-Jade Poliquin et Gaëlle Rioual, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Les classiques de l’humanisme », 2023.

Résumé

Le Commentaire sur l’élégie de Tarquinio Galluzzi publié en 1621 constitue selon toute vraisemblance le premier traité théorique d’importance consacré au genre élégiaque. Avant lui, on trouve surtout des passages plutôt succincts dans différentes poétiques renaissantes, qui abordent l’élégie de la même manière qu’une série d’autres formes plus ou moins brèves comme l’ode, l’épigramme, la satire, la poésie pastorale, etc., ou bien des mentions et remarques éparses chez les éditeurs, traducteurs et commentateurs des poètes élégiaques de l’Antiquité qui reprennent pour la plupart les grammairiens grecs et les quelques vers sur l’élégie de l’Épître aux Pisons d’Horace. Étant donné l’influence que le Commentaire sur l’élégie a eu sur les premiers traités français consacrés au même objet, qu’il s’agisse du Caractère élégiaque (1640) de La Mesnardière ou des discours que prononce l’abbé Jean-Baptiste Souchay devant l’Académie royale des inscriptions et belles lettres au début du XVIIIe siècle, ainsi que le caractère novateur des propositions qu’il contient, notamment en ce qui a trait à la théorie de l’imitation et à la nature de l’ego qui prend en charge l’énonciation élégiaque, nous avons cru qu’une édition et une traduction françaises de cet important jalon seraient les bienvenues et qu’elles permettraient aux spécialistes, entre autres, de mieux cerner et comprendre l’évolution de l’élégie moderne en France.

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Sébastien Drouin et Sébastien Côté (dir.), Secrets et surveillance épistolaires dans l’Europe du dix-huitième siècle, Oxford, Oxford University Studies in The Enlightenment, 2023.

Résumé

En un siècle marqué par d’incessantes querelles théologiques et d’innombrables conflits armés, auxquels s’ajoutent des tensions entre l’Église, l’État et le parti des « Philosophes », les correspondances constituent un lieu privilégié pour observer les mécanismes de surveillance. De fait, parmi les lettré·es du dix-huitième siècle, la communication épistolaire s’inscrit au cœur de la vie quotidienne. Familière avec cette surveillance, l’élite des Lumières s’amuse d’ailleurs souvent des missives décachetées, quand elle ne se moque pas directement des indiscrets, les enjoignant même à poursuivre leur lecture. Documents à la fois publics et privés, littéralement situées au carrefour de toutes les formes d’activités, ces lettres sont parfois détruites, perdues ou oubliées. Alors que certaines demeurent à jamais scellées ou muettes, d’autres font partie du patrimoine littéraire européen. Que ce soit dans des lettres amicales, des correspondances diplomatiques ou dans des rapports de police, on dissimule et (se) surveille. Aussi les huit articles qui composent ce volume proposent-ils une traversée épistolaire du dix-huitième siècle européen en s’intéressant à des personnages oubliés ou célèbres, voire à des inconnus, qui tous ont dû écrire leurs correspondances en surveillant ou en se sachant épiés.

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Siméon-Prosper Hardy, Mes Loisirs, ou Journal d’événemens tels qu’ils parviennent à ma connoissance (1753-1789), Volume 9 (1786-1787), sous la direction de Pascal Bastien, Sabine Juratic, Nicolas Lyon-Caen et Daniel Roche, Paris, Hermann, coll. de la République des Lettres, 2023.

Résumé

Un point de non-retour ? La crise économique semble n’avoir jamais été aussi aiguë. Dès le début de l’année 1786, la rue gronde. Parmi les travailleurs les plus humbles de la capitale, les gagne-deniers exigent que le roi entende leurs doléances : ils crient à l’injustice, et se soulèvent. À l’hiver et au printemps 1787, l’Assemblée des notables se réunit et s’efforce d’alléger la détresse budgétaire à laquelle est confronté le royaume. Comment redresser les finances de l’État ? Pour la première fois, le Journal évoque la convocation des États généraux. Siméon-Prosper Hardy avait été singulièrement préoccupé par la « révolution Maupeou » des années 1771-1774. Dans ce volume, l’observateur de la rue Saint-Jacques retrouve ce ton d’inquiétude grinçante pour suivre, avec la plus scrupuleuse attention, les tensions qui s’aggravent à la Cour, au Parlement et sur les places publiques de la capitale. Ses registres révèlent un monde qui étouffe. Incertain des remèdes à adopter, Hardy s’attache à relever avec une rigueur impitoyable tous les symptômes de la maladie.

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Claude La Charité, L’œil de l’ermite, Longueuil, L’instant même, 2023.

Résumé

« Toussaint Cartier habitant et faisant les fonctions de solitude sur l’île Saint-Barnabé. » Telle est la description que donnent les archives de l’ermite qui a vécu de 1728 à 1767 au large de Rimouski. On n’a jamais su si c’était par amour pour une femme, par haine de ses semblables ou pour faire son salut. L’œil de l’ermite, sous la forme inusitée d’une fiction en pièces détachées, réunit des histoires du passé et du présent qui, entre nouvelles, récits, essais et poèmes, font revivre le solitaire, entrecoupées par les entrées d’un journal tenu par un reclus qui lui ressemble comme un frère. Peut-on vivre seul pendant quarante ans ?

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Hans Bots, Eugénie Bots-Estourgie, Sébastien Drouin et Jan Schillings (dir.), Les libraires de Hollande en correspondance avec Pierre Des Maizeaux (1698-1744). La librairie de Hollande dans la première moitié du XVIIIe siècle, Paris, Honoré Champion, 2023.

Résumé

Ce volume recueille un dossier de 271 lettres : 233 lettres de vingt-sept libraires différents de Hollande adressées à Pierre Des Maizeaux (1673-1745) et 38 lettres de ce dernier à certains libraires. Ces documents s’étendent sur une période de plus de 40 ans, de 1698 à 1744 et offrent un regard privilégié sur l’histoire de la librairie de Hollande. En tant qu’intermédiaire culturel, Pierre Des Maizeaux a facilité le commerce entre les libraires d’Angleterre et ceux de Hollande, et a contribué à l’édition des œuvres de plusieurs grands auteurs, tels que Bayle, Saint-Évremond et Boileau, tout en jouant un rôle indispensable pour la presse périodique.

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Sophie Abdela et Pascal Bastien (dir.), « Enfermements : Pratiques, expériences et parcours de détention (XVIe-XIXe siècles) », Criminocorpus, Actes de colloques et de journées d’études n. 23, 2023.

Résumé

Ces actes de colloque opèrent donc une jonction entre les questions plus traditionnelles qui lient l’enfermement aux pouvoirs institutionnels et judiciaires, et les interrogations plus récentes sur les rôles réels des acteurs et l’histoire qu’il est véritablement possible d’en faire. Ils nourrissent toutefois la discussion en faisant varier les espaces (les contributions traitent tant de la France que de la Russie, de l’Italie et de la Belgique), les types d’institutions (geôles ordinaires certes, mais aussi lazarets, îles-prisons et maisons de justice) et les clientèles (prisonniers, militaires, nobles, condamnés à mort, femmes et malades). Une telle approche vise à complexifier l’histoire des enfermements en portant une attention plus soutenue à ce qui se passe de l’autre côté des seuils des établissements carcéraux.

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Maxime Cartron (dir.), Littératures classiques, no. 108 et 109 : « Réillustrations (XVIe-XXIe siècle) », 2 vol., Toulouse, Société de Littérature Classique, 2023.

Avec des contributions de Maxime Cartron, Christophe Schuwey, Kim Gladu et Nicholas Dion.

Résumé

Si la question de l’illustration du livre moderne a déjà été bien explorée, un de ses aspects est pourtant resté jusqu’à présent à l’écart des questionnements : la réillustration, soit l’illustration à une autre époque d’un texte déjà illustré par le passé. Pourtant, cette pratique est très fréquente et permet de mobiliser un large empan chronologique (XVIe-XXIe siècle). Certaines études ont par ailleurs déjà insisté sur la question de la reproductibilité, mais aussi sur les inflexions que les illustrations successives font subir aux textes. Il s’agit par conséquent dans ce dossier d’établir, dans la continuité de ces travaux, la spécificité de ce phénomène non encore abordé pour lui-même. L’objectif est de déterminer selon quelles modalités la lecture et peut-être même l’appréhension critique des œuvres concernées peuvent être catalysées par ces nouvelles images : dans quelle mesure les réillustrations reconfigurent-elles le sens des textes qu’elles accompagnent, ou du moins, quels gestes impliquent-elles, tant du côté de la production que de celui de la réception ?

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Maxime Cartron (dir.), Tangence, no. 131 : « Gestes anthologiques : usages, appropriations, actualisations des poètes des XVIe et XVIIe siècles », 2023.

Résumé

Comment, ou plutôt par quels supports les textes et les œuvres adviennent-ils à l’histoire littéraire ? Si « faire l’histoire de la littérature, c’est faire l’histoire d’un objet variable et contingent » et, par conséquent, « faire l’histoire de ces variations, de leurs modalités, de leurs implications » (Alain Viala, « L’histoire des institutions littéraires », dans Henri Béhar et Roger Fayolle (dir.), L’histoire littéraire aujourd’hui, Paris, Armand Colin, 1990, p. 118), il s’avère fondamental de prendre en considération les « modalités de publication, de dissémination et d’appropriation des textes » (Roger Chartier, L’Œuvre, l’Atelier et la Scène. Trois études de mobilité textuelle, Paris, Classiques Garnier, coll. « Fonds Paul-Zumthor », 2014, p. 15). C’est dans cette perspective qu’un ouvrage récent (Maxime Cartron, L’invention du baroque. Les anthologies de poésie française du premier XVIIe siècle, Paris, Classiques Garnier, coll. « Lire le XVIIe siècle », série « Discours critique », 2021) avait cherché à suivre la trajectoire d’anthologies de la poésie du premier XVIIe siècle parues au XXe siècle dans le contexte général de l’émergence, puis de l’institutionnalisation de la notion de baroque littéraire. Le présent dossier se situe dans la continuité de ce questionnement, qu’il ne vise pas seulement à approfondir, mais à déporter. Il s’agit en effet, en passant du général au particulier, de réfléchir à un autre type d’objet : les anthologies consacrées à un seul poète du xvie ou du xviie siècle, qu’il soit considéré « baroque » ou non par les compilateurs. Ce mode de compilation pose de fait plusieurs problèmes spécifiques, que les articles réunis ici s’attachent à analyser.

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Benjamin Deruelle (dir.), Quand l’histoire sert à faire la guerre, Montréal, Leméac, 2023.

Résumé

À travers une douzaine de chapitres partant de la guerre en Ukraine et remontant jusqu’à l’Antiquité, et nous faisant voyager de l’Asie à l’Amérique du Sud en passant par l’Europe, cet ouvrage collectif montre comment l’histoire a pu être instrumentalisée pour servir à faire la guerre. En toile de fond se dégage une réflexion sur les usages de l’histoire, et sur la construction du discours historique et du « roman national ».

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Charlène Deharbe et Nicholas Dion, Fiction et morale au siècle des Lumières, Paris, Hermann, coll. « République des Lettres », 2023.

Résumé

Depuis plusieurs années, la littérature et, plus particulièrement, les œuvres classiques et leurs auteurs font l’objet de procès intentés au nom de la morale. Or, lorsqu’on condamne ces textes au nom de principes normatifs qui les soumettent à une nouvelle forme de censure, on court souvent le risque d’en donner une interprétation qui les empêche d’interpeller nos propres préjugés. Avec cet ouvrage collectif, c’est la démarche inverse que nous proposons. Les douze textes qu’il rassemble mettent en évidence la complexité des rapports entre fiction et morale, en montrant à quel point il s’agit d’une problématique qui appelle la multiplication des points de vue. Aussi invitent-ils à renouveler le débat actuel en adoptant des perspectives aussi variées que la poétique ou l’esthétique, la morale du sentiment ou les pratiques pédagogiques.

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Isabelle Pichet et Dorit Kluge, Le corps sensoriel au sein des loisirs et des divertissements, Paris, Hermann, coll. « République des Lettres », 2023.

Résumé

La première modernité catalyse la genèse de ce nouveau champ d’expériences publiques que sont les loisirs et les divertissements : théâtres, musées, expositions temporaires, promenades, cafés, foires, danses, jardins, auxquelles peut s’adonner la population européenne. La pratique de ces activités instaure au quotidien chez les particuliers un cadre physique et social stimulant, les plaçant ainsi au cœur d’une action qui excite chacun de leurs sens, de leurs sensations et de leurs émotions. En s’inscrivant dans le domaine de l’histoire des sensibilités, la question de ce corps sensoriel qui prend forme demeure encore largement inexplorée. Cette publication s’attache donc à retracer et analyser les tenants et les aboutissants de ce qui a permis de façonner cette entité singulière durant le long XVIIIe siècle (1660-1830).

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Carine Barbafieri et Delphine Denis, Rubricologie, ou de l'invention des titres et sous-titres, Paris, Hermann, 2023.

Résumé

Dans un passage de son Roman bourgeois (1666), Antoine Furetière prête à l’un de ses personnages le projet burlesque d’un livre intitulé Rubricologie, ou de l’invention des titres et rubriques, où il est montré qu’un beau titre est le véritable proxénète d’un livre. Le présent ouvrage prend au sérieux cette entreprise, pour comprendre ce que, durant le XVIIe siècle, le titre fait au livre et réciproquement. Quels sont les ressorts et les manifestations de l'enjeu commercial des titres ? Dans quels contextes s’inscrivent-ils ? Quels en sont les effets de sens, y compris dans leur forme matérielle ? Quelles pratiques de lecture induisent-ils ? L’étude menée dans ce volume s’attache à répondre aux nombreuses questions que suscite le tout premier énoncé d’un livre.

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Sophie Abdela, Maxime Cartron et Nicholas Dion, Histoire de l’édition. Enjeux et usages des partages disciplinaires (XVIe-XVIIIe siècle), Paris, Classiques Garnier, 2023.

Résumé

Grande refoulée d’une certaine historiographie constituée comme discipline globale, l’histoire de l’édition a pourtant un impact considérable sur les historiographes, qui fondent leurs analyses sur des choix matériels : le monde de l’édition conditionne par son rôle d'agent l’histoire des disciplines.

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Syliane Malinowski-Charles, Alexandra Guité-Verret (dir.), Apprivoiser la mort au XXIe siècle. Enjeux philosophiques, perspectives scientifiques et sociales, Paris, Hermann, 2023.

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Véronique Ferrer, Eugenio Refini et Luc Vaillancourt (dir.), Représentations de soi à la Renaissance / Representing the Self in the Renaissance, Paris, Hermann, coll. « République des Lettres », 2023.

Résumé

La question du sujet n’en finit pas d’alimenter les plumes des historiens, des philosophes et des littéraires. Si l’on n’affirme plus vraiment que l’individu est l’une des réalisations majeures de la Renaissance européenne, les études les plus récentes persistent à interroger les moyens d’expression d’une subjectivité fuyante. Dans leur continuité, ce volume collectif se propose de reconsidérer le sujet à la Renaissance à travers le prisme de la rhétorique, des formes et des genres. Il entend repenser cette notion problématique en examinant le rôle joué par l’écriture dans la représentation de soi, comme instrument herméneutique, comme outil stratégique d’affirmation ou de dissimulation, comme quête d’une identité d’auteur. Il s’intéresse plus précisément à l’image de soi que construit le texte à destination du lecteur, aux modalités d’une hypothétique « subjectivité littéraire », toujours difficile à identifier et à définir.

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Pierre Lyraud, Pascal, Paris, Éditions du Cerf, coll. « Qui es-tu ? », 2023.

Résumé

Philosophe, moraliste, inventeur de machines et de formes, mathématicien, physicien, théologien, polémiste… Blaise Pascal semble avoir eu mille visages. Mais de lui, finalement, que sait-on vraiment ? En suivant l’écrivain pas à pas, de sa naissance à Clermont à sa mort à Paris, Pierre Lyraud nous dévoile les lignes de force d’une vie prématurément écourtée, mais passionnée par la recherche constante d’une vérité blessée par les troubles de son temps. C’est alors un nouveau visage de Pascal qui nous apparaît, celui d’un penseur de la joie et de la grandeur de l’âme humaine ; d’un honnête homme soucieux de vulgarisation ; d’un ardent chrétien inquiet de l’avenir des autres ; d’un plein vivant se rendant peu à peu compte que la vie véritable n’est pas celle du monde. Un parcours inédit dans l’oeuvre de l’un des plus grands auteurs français.

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Maxime Cartron, Jean Rousset, Traduire et compiler le baroque (préf. de Thomas Hunkeler), Genève, Droz, coll. « Courant critique », 2023.

Résumé

La récente ouverture du fonds d’archives de Jean Rousset à la Bibliothèque de Genève offre l’opportunité d’analyser sur un plan génétique l’activité de traduction de poètes allemands et italiens, « baroques » mais pas uniquement, que le critique genevois a pratiquée durant plusieurs années, avec une intensité toute particulière pendant et immédiatement après la Seconde Guerre mondiale. Ces documents s’avèrent inestimables pour comprendre la « préhistoire » du baroque roussetien, en ce qu’ils témoignent des préoccupations idéologiques et spirituelles qui se trouvent à son origine. De ce fait, ils permettent de jeter un nouvel éclairage sur les enjeux de l’émergence et de la mise en place progressive de la catégorie historiographique de baroque dans la pensée du futur auteur de La Littérature de l’âge baroque en France.

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Sébastien Côté (éd.), La Nouvelle-France sur les planches parisiennes. Anthologie (1720-1786), Québec, PUL, 2023.

Résumé

Les 16 pièces de théâtre présentes dans cette anthologie permettent de lire sérieusement, peut-être pour la première fois, des œuvres qui révèlent le foisonnement de l’imaginaire théâtral français du XVIIIe siècle à l’égard de sa lointaine colonie canadienne, alors perçue comme une terre de liberté.

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Le Novendécaméron. Écrire et créer à l’ère de la COVID-19, une publication numérique collective diffusée d'abord sur le Web et à laquelle deux membres du CIREM (Claude La Charité et Jean-François Vallée) ont participé, a pris la forme d'un recueil collectif pour lequel les œuvres (récits, essais, poèmes...) ont été réagencées et précédées d'une préface inédite. Ce très beau livre, réalisé avec des technologies innovatrices, est disponible en impression sur demande avec une couverture souple ou rigide (ou encore gratuitement en format PDF).

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Sébastien Drouin, Journalisme et hétérodoxie au Refuge hollandais. Le cas de l’Histoire critique de la République des Lettres (1712-1718), Paris, Honoré Champion, coll. « La vie des huguenots », 94, 2023.

Résumé

En 1713, le périodique Histoire critique de la République des Lettres (1712-1718) est condamné pour cause d’hétérodoxie par le synode wallon réuni à Bréda. Le directeur du périodique incriminé, Samuel Masson, y a fait paraître des dissertations sur le psaume CX qui déclenchent une longue polémique dont le contexte est ici reconstitué. Au moment de la condamnation, Thémiseul de Saint- Hyacinthe et les collaborateurs du Journal littéraire font paraître Le Chef-d’œuvre d’un inconnu, ouvrage loufoque rempli de doctes âneries dédié à l’auteur de l’Histoire critique de la République des Lettres. En pleine Querelle d’Homère, l’érudition enjouée de Thémiseul de Saint-Hyacinthe contribue à relancer la vogue du commentaire satirique et à couvrir Samuel Masson de ridicule. Dans cet ouvrage dont le sujet est à la fois savant et comique, Sébastien Drouin brosse un portrait saisissant de la vie intellectuelle dans le Refuge hollandais du premier XVIIIe siècle dominée par les aventuriers des lettres, les érudits de province, les libres penseurs discrets et de redoutables pasteurs. Les lettres de Samuel Masson envoyées à son collaborateur londonien Pierre Des Maizeaux figurent en annexe.

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Histoire Québec, Volume 28, no. 2, « Patrimoine livresque et archivistique du Québec », sous la dir. de Lyse Roy et Peggy Davis, 2023.

Avec des articles de Lyse Roy, Peggy Davis, Claude La Charité, Marc André Bernier, Kilyan Bonnetti, Maxime Gohier, Sophie Abdela et Nicholas Dion.

Résumé

Ce numéro spécial sur le patrimoine livresque et archivistique réunit des contributions de plusieurs spécialistes qui partagent avec nous leur expertise sur ces richesses documentaires de nos bibliothèques et archives au Québec. Découvrez les trésors anciens que le Centre Joseph-Charles-Taché a hérités des collections du Grand Séminaire de Rimouski et plongez-vous dans les ouvrages de référence qui ont forgé la culture humaniste du Québec et dont le Cégep de Trois-Rivières conserve des exemplaires précieux. Partez à la chasse aux archives de la Nouvelle-France : un patrimoine riche mais dispersé dans le monde et encore insaisissable. Évadez-vous avec les récits de voyage des XVe au XVIIIe siècle que conserve le centre des livres rares de l'UQÀM, et suivez le destin du fonds Franciscana, du couvent des Récollets jusqu'à l'UQAM. Apprenez comment des archives de Voltaire ont trouvé domicile à Sherbrooke. Accompagnez le travail érudit d'indexation des bulletins des sociétés d'histoire effectué par un passionné et émerveillez-vous avec les premiers ouvrages de la littérature jeunesse au XXe siècle.

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Daniel Roche, Pascal Bastien, Frédéric Charbonneau, Philippe Minard, Vincent Milliot et Michel Porret, Les Lumières minuscules d’un vitrier parisien. Souvenirs, chansons et autres textes (1757-1802) de Jacques-Louis MénétraGenève, Georg, 2023.

Résumé

Ce livre contient pour la première fois publié la seconde partie du manuscrit de Jacques-Louis Ménétra, un vitrier parisien du XVIIIe siècle.

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Pierre Girard, Christian Leduc et Mitia Rioux-Beaulne (dir.), Modernité et académies scientifiques européennes, Paris, Classiques Garnier, coll. « Constitution de la modernité », 2023.

Résumé

Ce recueil de textes propose de contribuer à l’histoire des grandes académies scientifiques européennes. Plutôt que de vouloir tenter d’en dégager une homogénéité discutable, les études réunies tentent, au contraire, de montrer comment la pratique académique trouve son unité dans un ensemble de querelles.

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Marc André Bernier et Zeina Hakim (dir.), Mémoires et roman. Les rapports entre vérité et fiction au XVIIIe siècle, Paris, Hermann, coll. « République des Lettres », 2023.

Résumé

Aux confins des XVIIe et XVIIIe siècles, l’histoire du roman est marquée par une évolution essentielle. On voit alors s’affirmer une nouvelle manière d’écrire des ouvrages d’imagination, qui procède d’une décision délibérée de la part des romanciers d’imiter le genre des Mémoires historiques. Il devait en résulter le triomphe d’une forme particulière de récit, devenue emblématique du roman des Lumières : le roman-mémoires, rédigé à la première personne et se donnant à lire comme une histoire authentique. À ce titre, le xviiie siècle représente l’un des épisodes les plus significatifs dans la longue histoire des rapports entre vérité et fiction, qui intéresse de si près notre époque. C’est même dans les fictions qu’invente le siècle des Lumières que s’exprime pour la première fois une mutation cruciale de l’idée de vérité, qui s’éloigne désormais d’une définition strictement théologique ou philosophique, pour chercher un fondement nouveau dans le récit d’une expérience personnelle du monde qu’inspire l’imagination.

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Françoise Gevrey et Sylvain Menant (dir.), Éditer les œuvres complètes (XVIIIe siècle), Paris, Classiques Garnier, coll. « Société des textes français modernes », 266, 2022.

Résumé

Les spécificités et les limites de l’édition des œuvres complètes des auteurs du XVIIIe siècle sont étudiées dans ce volume. La pratique s’impose au temps des Lumières, mais reste d’actualité aujourd’hui, par exemple pour les œuvres de Montesquieu, Voltaire ou Rousseau.

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Myriam Marrache-Gouraud, L’homme-objet. Expositions anatomiques de la première modernité, entre savoir et spectacle, Genève, Droz, 2022.

Résumé

Homo mirabilis ! En contemplant des fillettes au visage velu, des nains, des géants, des momies, des squelettes, organes, ou calculs pierreux, qui niera que l’humain n’ait sa place parmi les curiosités ? Les « raretés de l’homme » font le bonheur des collectionneurs, pour le plaisir du spectacle ou de l’enquête savante. Entre stupeur et découvertes perplexes, le trouble produit par ces singularités modèle les discours pour négocier la frontière avec l’animalité, la proximité avec la sauvagerie, la question de l’infra-humanité, les porosités entre masculin et féminin, le rapport au passé des géants et la génération incongrue de corps étrangers. Souvent oublié des travaux sur les naturalia, l’homme entendu comme objet de collection méritait une étude des représentations qui croise textes et images. Prise dans le « connais-toi » d’une anthropologie en devenir, la culture écrite et visuelle de la curiosité cherche en effet à penser l’humain en ses formes exceptionnelles dans les premiers « musées de l’homme » des XVIe et XVIIe siècles.

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François Duchesneau, Daniel Dumouchel, Angela Ferraro et Christian Leduc (dir.), Philosophie spéculative à l’Académie de Berlin. Mémoires 1745-1769, Paris, Vrin, coll. « Bibliothèque des Textes Philosophiques », 2022.

Résumé

De toutes les grandes académies du dix-huitième siècle philosophique, seule l’Académie Royale des Sciences et des Belles-Lettres de Berlin possédait une Classe de philosophie spéculative. Y ont appartenu des philosophes de valeur dont les mémoires traduisent des investigations originales, qu’il s’agisse de méthodes d’échange entre philosophes, de métaphysique et de sciences de la nature, de psychologie, de morale ou d’esthétique philosophique. L’écho de cette production s’est réfléchi dans l’histoire des Lumières à travers toute l’Europe savante. Un choix de mémoires illustrant la production philosophique de Maupertuis, Formey, Mérian, Prémontval, Euler, Béguelin, Sulzer, Beausobre et Lambert est ici réédité.

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Benjamin Deruelle, Émilie Dosquet et Paul Vo-Ha (dir.), L’historien-citoyen. Révolution, guerre, empires. Mélanges en l’honneur de Bernard Gainot, Paris, Éditions de la Sorbonne, coll. « Guerre et paix », 2022.

Résumé

Les textes qui composent cet hommage poursuivent, chacun à sa manière, les chantiers de recherche défrichés par l'un des universitaires qui incarne le mieux, parmi sa génération, la figure de l'historien-citoyen : Bernard Gainot. Soucieux d’associer dans sa pratique recherche, enseignement et engagement dans la cité, il a construit une œuvre profondément originale à l’intersection de l’histoire de la Révolution française, du fait militaire et des empires coloniaux. Ce volume poursuit l’exploration de ces pistes autour de ces trois axes structurants : la Révolution, la guerre et les empires. La Révolution, d’abord, comme laboratoire de la modernité politique et de la démocratie, à la charnière de l’Ancien Régime et de l’époque contemporaine. Les guerres, ensuite, en interaction constante avec les sociétés métropolitaines et coloniales qui les engagent, les alimentent et les subissent. Les sociétés coloniales, enfin, mues non seulement par les dynamiques politiques et économiques de la première expansion impériale européenne, mais aussi par l’engagement des acteurs locaux. Transportant le lecteur de l’Italie de la fin du Moyen Âge aux Antilles du début du XIXe siècle, ce livre témoigne de l’éclectisme et de la curiosité intellectuelle de Bernard Gainot et de l’influence internationale de ses travaux, tout autant que de l’amitié et de l’admiration de trois générations d’historiennes et d’historiens qui l’ont côtoyé.

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Sébastien Côté, Pierre Frantz et Sophie Marchand (dir.), Rêver le nouveau monde : l’imaginaire nord-américain dans la littérature française du XVIIIe siècle, Québec, PUL, coll. « L’archive littéraire au Québec », 2022.

Résumé

Les auteurs de cet ouvrage collectif proposent d’étudier comment l’Amérique du Nord des relations de voyage (Acadie, Canada, Louisiane, Pays d’en Haut, Terre-Neuve, Floride et les colonies anglaises des futurs États-Unis) a suscité force rêveries dans la fiction française du XVIIIe siècle, particulièrement au théâtre.

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Miruna Craciunescu, L’inverti, l’hérétique et le pauvre diable. La Renaissance revisitée à travers ses marges, Paris, Hermann, coll. de la République des Lettres, 2022.

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Depuis les années 1980, le XVIe siècle occupe une place privilégiée dans les romans historiques. La plupart de ces ouvrages mettent en scène des personnages référentiels peu connus de la Renaissance, qui se caractérisent par leur marginalité. La figure de l’article « inverti », du lettré hérétique et du pauvre diable occupent ainsi une place privilégiée au sein de ce corpus, ce qui n’est pas sans rappeler l’intérêt accru que les seiziémistes ont eux-mêmes porté à des individus marginaux pendant la même période.

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Andréane Audy-Trottier, Nicholas Dion, Cyril Francès, Kim Gladu, Isabelle Robitaille, avec la collaboration de Marc André Bernier, Une encyclopédie de la pensée moderne. Les collections anciennes de l’Université du Québec à Trois-Rivières, Québec, Presses de l’Université Laval, 2022.

Résumé

Cet ouvrage invite à découvrir les imprimés anciens les plus remarquables de la bibliothèque de l’Université du Québec à Trois-Rivières. Il en révèle toutes les richesses, depuis les textes fondateurs de la Nouvelle-France jusqu’aux œuvres les plus subversives qu’a produites la pensée moderne.

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Gabriel Sagard, Histoire du Canada, et voyages que les Freres Mineurs Recollects y ont faicts pour la conversion des Infidelles, éd. critique établie par Marie-Christine Pioffet, Québec, Septentrion, 2022.

Résumé

Œuvre maîtresse de Gabriel Sagard, l'Histoire du Canada, publiée en 1636, est un texte essentiel pour connaître les débuts de la colonisation française en Amérique du Nord. Ayant séjourné au Canada de juin 1623 à la fin de l'été 1624, le récollet livre une description enthousiaste de la Huronie et de ses habitants, avec qui il entretient des liens amicaux. Cette fresque missionnaire apporte des corrections importantes au Grand Voyage du pays des Hurons, que l'auteur a fait paraître quatre ans plus tôt, de même que des informations ­complètement inédites sur les moeurs autochtones tout en incluant des réflexions morales ou philosophiques tirées de nombreuses lectures et d'une cohabitation étroite avec les natifs du pays. On découvre à travers ces pages un observateur attachant, ­amoureux de la nature et attentif à la culture locale, ainsi qu'un franc parleur, critique envers les autorités coloniales.

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Notre première modernité. Éloge des humanités en onze parcours, ouvrage collectif sous la direction de Pascal Bastien, Montréal, Leméac, 2022.

Avec des textes de Marc André Bernier, Bernard Beugnot, Josiane Boulad-Ayoub, Frédéric Charbonneau, Ersy Contogouris, Peggy Davis, Benjamin Deruelle, Marie-Laure Girou-Swiderski, Philip Knee, Claude La Charité et Sylvie Perrier.

Résumé

Cet ouvrage interroge la place et la fonction des humanités dans la pensée critique d’aujourd’hui. En s’intéressant aux expériences d’une dizaine de chercheuses et chercheurs en histoire, en littérature, en philosophie et en histoire de l’art, le livre explore des trajectoires personnelles et tente de comprendre comment notre rapport à la Cité est étroitement lié aux savoirs, aux hésitations, aux ruptures et aux émancipations qui se sont bousculés aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. Chaque contributeur et contributrice raconte son propre parcours intellectuel et, à l’occasion de cet essai d’égo-histoire, réfléchit aux raisons familiales, professionnelles et citoyennes qui l’ont fait choisir une discipline, un siècle, et un enjeu politique, social ou culturel comme objet d’études.

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Joseph-Marie Loaisel de Tréogate, Nouvelles et Contes, éd. Charlène Deharbe et Françoise Gevrey, Paris, Classiques Garnier, 2022.

Résumé

Loaisel de Tréogate n’est pas seulement l’auteur de Dolbreuse, comme on le croit trop souvent. Très représentative de son temps, son inspiration s’enracine dans le siècle des Lumières, tout en annonçant Sade et le roman noir. Ce volume rassemble ses nouvelles et contes parus entre 1776 et 1779.

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Nicholas Dion et Jacques-Philippe Saint-Gerand (dir.), Lumières, ombres et trémulations. Hommages au professeur Jacques Wagner, Paris, Hermann, « Collections de la République des lettres », 2022.

Résumé

À l’heure de la retraite des Sages, tant en France qu’à l’étranger, la carrière féconde et diversifiée de Jacques Wagner a spontanément suscité ce volume de Mélanges en hommage à la qualité et à l’importance de ses travaux sur la littérature du XVIIIe siècle français. Dans la variété des études ici rassemblées, le lecteur trouvera comme l’écho des préoccupations littéraires, philosophiques, esthétiques et éthiques qui ont constamment guidé Jacques Wagner dans le développement de ses recherches.

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Isabelle Garnier, Claude La Charité, Anne-Pascale Pouey-Mounou, Romain Menini, Anne Réach-Ngô, Trung Tran et Nora Viet (dir.), Narrations fabuleuses. Mélanges en l’honneur de Mireille Huchon, Paris, Classiques Garnier, 2022.

Résumé

Témoignage d’admiration et d’amitié d’anciennes et anciens élèves, collègues et amis de Mireille Huchon, ces Mélanges illustrent la richesse de ses travaux : histoire de la langue, stylistique, poétique des genres, pratiques d’atelier et mille itinéraires de recherche autour du grand Rabelais.

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Tout Rabelais, édition et translation nouvelles sous la direction de Romain Menini, établies par Raphaël Cappellen, Claude La Charité, Nicolas Le Cadet, Myriam Marrache-Gouraud et Romain Menini, Paris, Bouquins, 2022.

Résumé

L'intégralité des écrits de François Rabelais est présentée : romans, lettres, poèmes, dédicaces et autres textes liminaires, almanachs, entre autres. Avec des introductions partielles et des annotations permettant de comprendre l'ensemble de son œuvre.

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Nathalie Freidel, Le Temps des « écriveuses ». L’œuvre pionnière des épistolières au XVIIe siècle, Paris, Classiques Garnier, coll. « Masculin/féminin dans l’Europe moderne », 2022.

Résumé

L’épistolaire permet aux femmes du XVIIe siècle d’accéder à l’écriture et d’exercer une influence sur la scène culturelle et littéraire. Le temps des écriveuses voit s’épanouir les réseaux épistolaires féminins, dans le cadre de la famille, des relations amicales ou de l’exercice de la sociabilité.

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Isabelle Pichet (dir.), Le corps sensoriel. Sensibilité, émotions, identité(s), Trois-Rivières, Groupe URAV, 2022. Textes d’Isabelle Pichet (introduction), ainsi que de Marilou Bernier, Kevin Haeck, Christine Ouellet et Angélique Ricard dans le cadre de leur recherche-création au DESS en arts de l'UQTR. Publié avec le soutien du Conseil de recherche en sciences humaines (CRSH), le Groupe URAV et le Syndicat des chargés de cours de l'UQTR.

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Bruno PINCHARD et Yoann DUMEL-VAILLOT (dir.), Rabelais et la philosophie : poeta sitiens, le poète assoiffé, Paris, Éditions Kimé, 2022.

Cet ouvrage collectif réunit huit contributions signées par Claude La Charité, Bruno Pinchard, Romain Menini, Christian Michel, Philippe Walter, Paolo Cifarelli, Yoann Dumel-Vaillot et Mireille Huchon.

Résumé

C’est enfermer Rabelais que de le réduire aux conventions littéraires. Son ironie exige un terrain plus radical pour exercer ses pouvoirs. Le Maître de la moquerie ne pouvait s’acharner sur les promesses, les vices et les malentendus de la Renaissance sans réveiller des sources plus profondes. Les fameux géants y jouent un rôle de fondation, à condition d’y mêler les textes bibliques et folkloriques qu’ils sollicitent. Le platonisme y est sans cesse convoqué, mais sans se réduire à une orthodoxie néo-platonicienne. L’égyptomanie, la culture des ruines, la philologie homérique, les lois de la souveraineté, les principes même de l’économie et de la production modernes, le grand ronflement de l’obscénité — tout est prétexte à question dans l’encyclopédie pantagruélique. De là à dire que Rabelais, sous ses joyeusetés et autres balivernes, détient une science cachée et abrite un secret enfoui comme l’or, il n’y a qu’un pas. Ce pas, les auteurs ici rassemblés ne le franchissent pas. C’est ce qui donne à leur enquête toute sa fraîcheur, toute sa retenue et sa capacité à se confronter à l’énigme. Philosophie de Rabelais ? Oui, à condition que par philosophie on entende l’art d’interroger le sphinx.

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Percées, n° 5, 2021 (Mises en scène de la parole féminine dans la littérature du XVIe au XVIIIe siècle), sous la dir. de Louise Frappier.

Avec des contributions de Diane Desrosiers, Kim Gladu et Roxanne Roy.

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Benjamin Deruelle et Laurent Vissière (dir.), L’énigme Bayard. Une figure européenne de l’humanisme guerrier, Tours, Presses Universitaires François-Rabelais, 2021.

Résumé

Bayard, chevalier sans peur et sans reproche, demeure un personnage central de la mémoire européenne des premières Guerres d’Italie. Son histoire reste pourtant largement tributaire des deux biographies chevaleresques rédigées dans les années 1520 par Symphorien Champier et Jacques de Mailles dit le Loyal Serviteur. Ces œuvres ont fondé l’historiographie du gentil capitaine, qui s’est ensuite fossilisée dans les manuels scolaires de la IIIe République. Pierre du Terrail élevé au rang de dernier représentant de la chevalerie médiévale, y devint une grande figure de l’histoire nationale, aux côtés de Vercingétorix, Charlemagne et Jeanne d’Arc. L’histoire et la mémoire du célèbre Dauphinois comportent cependant de nombreuses zones d’ombre, et bien des épisodes de sa vie, à commencer par l’adoubement du roi lors de la bataille de Marignan, suscitent encore débats et controverses. Cet ouvrage propose de transcender la dimension nationale du personnage par une approche résolument européenne, car Bayard a été aussi célébré, et décrié parfois, en Italie, en Espagne, en Angleterre et dans l’Empire. Aux côtés de Gonzalve de Cordoue et de Jean de Médicis, il s’est imposé comme une figure de l’humanisme guerrier.

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Mélinda Caron, « Louise d’Épinay, correspondante littéraire (1755-1783) », dans Ulla Kölving (dir.), Entente culturelle. L’Europe des correspondances littéraires, Ferney-Voltaire, Centre international d’étude du XVIIIe siècle, 2021.

Résumé

Les correspondances littéraires, on le sait, ont joué un rôle primordial dans le rayonnement de la culture française dans l'Europe des Lumières, en particulier dans les pays protestants de l'Europe du Nord. Par leurs comptes rendus de l'actualité littéraire, artistique et philosophique, elles complétaient les informations fournies par la presse officielle. Cet essor des correspondances littéraires sous toutes leurs formes s'est accompagné de contacts de plus en plus étroits entre les différents correspondants et leurs abonnés francophones le plus souvent princiers, ces derniers s'approvisionnant en livres pour leurs bibliothèques et faisant venir de Paris par leur truchement acteurs, musiciens, artistes et savants pour animer leurs cours. Le présent volume est issu en partie d'un colloque international organisé à Liège en octobre 2014. Il se veut un bilan d'étape pour des équipes lancées dans de grandes entreprises d'édition, permettant de mesurer le chemin parcouru, d'en évaluer les résultats, voire de circonscrire de nouveaux domaines de recherche. Le colloque fondateur tenu à Sarrebruck en février 1974 sur la Correspondance littéraire de Grimm et de Meister a marqué un tournant dans la mesure où il a relancé les études sur ce «?modèle du genre?» qu'est la Correspondance littéraire de Grimm, tout en ouvrant un champ plus vaste qui élargissait la perspective à un contexte historique plus étendu. Le résultat fut l'établissement, à partir d'octobre 1974, d'un inventaire de l'ensemble des manuscrits de la Correspondance littéraire de Grimm (paru en 1984), outil indispensable pour en entreprendre l'édition critique qui, elle, a commencé à paraître en 2006. Parallèlement, Jochen Schlobach, à la tête d'une équipe d'étudiants et de chercheurs de l'Université de la Sarre entreprit une campagne de prospection systématique dans les bibliothèques et fonds d'archives allemands afin d'identifier de nouvelles collections, travaux qui ont abouti au lancement d'une collection destinée à recueillir ces vestiges retrouvés, Correspondances littéraires inédites, dont le volume introducteur parut en 1987.

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Mathilde Bombart, Maxime Cartron et Michèle Rosellini (dir.), «Le recueil Barbin (1692). Une "histoire de la poésie par les ouvrages même des poètes" ?»Pratiques & formes littéraires 16-18. Cahiers du Gadges, 16, 2019.

Avec des contributions de Christophe Schuwey, Maxime Cartron, Nicholas Dion et Kim Gladu.

Résumé

Le Recueil des plus belles pièces des Poètes français, tant anciens que modernes, avec l’histoire de leur vie, dit recueil Barbin, paru en 5 volumes en 1692, et attribué à Fontenelle, est souvent considéré comme la première véritable anthologie de la poésie française. Cette entreprise représente surtout un discours sur la poésie française et son histoire, énoncé dans une forme éditoriale visant à en pérenniser la mémoire. Une mise en ordre du patrimoine littéraire national s’y opère, qui soulève des enjeux sociaux, politiques et idéologiques. Que signalent la sélection des auteurs, des textes, de leurs versions, ainsi que leur organisation dans les différents volumes ? Quelle vision de la pratique de la poésie et de ce qu’est un poète promeuvent ces gestes éditoriaux, ainsi que les notices qui les accompagnent ? Au-delà du rôle de manifeste de la poésie galante ou de bilan du classicisme qu’on a souvent donné au recueil Barbin, les articles rassemblés dans ce volume éclairent ses enjeux sous un nouveau jour en croisant plusieurs approches, telles que l’analyse des principes et des effets des choix anthologiques, celle des conceptions de l’histoire des hommes de lettres, des formes poétiques et de la langue que met en jeu le recueil, ou encore l’étude de la dimension éditoriale, juridique et économique impliquée par ce mode spécifique de publication.

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Kim GLADU, Huguette KRIEF et Marc André BERNIER (dir.), La Vertu féminine, de la cour de Sceaux à la guillotine, Paris, Classiques Garnier, coll. « Masculin/féminin dans l’Europe moderne », série « XVIIIe siècle », 2022.

Résumé

L’ouvrage envisage les Lumières au prisme inédit de la vertu féminine. Il présente les figures qui incarnent leur projet d’émancipation. Sur fond de polygénèse, il montre en quoi les exempla virtutis, socles de l’imaginaire des Lumières, sont héritières de l’humanisme ou de la culture galante, entre autres.

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Siméon Prosper Hardy, Mes Loisirs, ou Journal d’événemens tels qu’ils parviennent à ma connoissance (1753-1789), volume 8, sous la direction de Pascal BASTIEN, Sabine JURATIC, Nicolas LYON-CAEN et Daniel ROCHE, Paris, Hermann, 2022.

Résumé

Le Journal s’accélère. Le ton de Siméon-Prosper Hardy se fait en effet un peu plus personnel ; le promeneur un peu plus curieux ; l’observateur un peu plus critique. De cette décennie désormais modelée par une circulation sans précédent des informations de toute nature, et pleinement engagée dans la méfiance et les doléances de tout un chacun, ce volume s’ouvre avec la signature de la paix entre l’Amérique et l’Angleterre (1783) et se termine avec le scandale de l’Affaire du collier (1785). Sous la plume de Hardy, le lecteur sera témoin, parmi tant d’autres tableaux, de vols de montgolfières et des expériences de Mesmer ; de la mort de Diderot et de celle de d’Alembert ; de l’arrestation du brigand Poulailler et d’une visite scrupuleuse du donjon de Vincennes.

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Roxanne ROY et Hervé GUAY (dir.), « Publier à la tangence de la littérature, des arts et des sciences »Tangence, no125-126, 2021.

Avec des articles de Frédéric Charbonneau et Christophe Martin.

Résumé

Ce dossier est l’occasion de souligner un double anniversaire : les 40 ans de la fondation de la revue Tangence et la parution de son 125e numéro. Puisque la revue se spécialise dans les liens unissant la littérature et les autres savoirs, il nous semblait tout indiqué d’intituler ce dossier « Publier à la tangence de la littérature, des arts et des sciences ». Ce titre, emblématique et programmatique, rend compte de la politique éditoriale de la revue et de sa mission qui est de servir d’interface entre des domaines de recherche trop souvent dissociés. Nous y avons rassemblé des contributions de chercheurs et de chercheuses en lettres au sens large et nous avons fait appel tant à des universitaires au faîte ou au mitan de leur carrière qu’à d’intrépides jeunes intellectuels avides d’ouvrir de nouvelles avenues à la recherche en littérature. Ces hommes et ces femmes proviennent des deux côtés de l’Atlantique, étudient des corpus variés, recourent à des approches théoriques et à des cadres méthodologiques diversifiés, mais surtout ils ou elles croisent un ou plusieurs savoirs de manière originale. De telles tangences les amènent souvent à réinventer l’usage des études littéraires et les objets qu’il est possible de scruter grâce à ses méthodes, qui elles-mêmes se renouvellent des emprunts que les chercheuses et les chercheurs font à d’autres champs du savoir.

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Sophie ABDELA et Pascal BASTIEN (dir.), « Le peuple en colère »Dix-huitième siècle, no 53, 2021.

Résumé

Il semble parfois qu’il n’y ait de mobilisation que populaire. Il semble aussi, parfois, qu’il n’y ait d’action véritable que lorsqu’elle est portée par la colère. Car le « peuple », à la différence du « public », bouscule. Le deuxième suppose l’unanimité alors que le premier, naturellement canaille, révèle une division. Ce dossier propose d’entendre et de comprendre la colère du peuple : celle qu’on anticipe, celle qu’on craint et celle qu’on revendique. Les paroles des gens du peuple, sous toutes leurs formes, ont traversé la littérature, l’administration et la pensée politique du XVIIIe siècle et les auteurs des Lumières ont défini, jugé, parfois écouté, souvent inventé, mais toujours réduit, les paroles, les espoirs et les frustrations du populaire. Ce volume entend être attentif à la question du peuple, à celle de la souveraineté, et aux revendications qui lient – parfois avec fracas – l’un à l’autre.

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Benjamin DERUELLE, Nicolas HANDFIELD et Philipp PORTELANCE (dir.), De la violence à l'extrême. Discours, représentations et pratiques de la violence chez les combattants (XVe-XXIe siècle), Paris, Hermann, coll. « République des lettres », 2021.

Résumé

Croiser la notion de violence et la figure du combattant peut sembler une évidence. Physique, verbale, psychologique ou encore symbolique, qu’ils l’exercent contre d’autres combattants ou des civils ou bien qu’ils la subissent, la violence est consubstantielle à l’état de combattant et à son mode de vie. Présente depuis que l’homme fait la guerre, ses formes, ses manifestations et ses sens ont évolué et diffèrent selon les époques, les lieux et les conflits. C’est aussi le cas de sa perception et de sa caractérisation, car chaque société, chaque groupe, voire chaque individu, l’évalue et cherche à l’encadrer selon des normes qui lui sont propres. Fruit d’une réflexion historique reposant sur l’articulation des échelles humaines, institutionnelles et étatiques, et d’un souci constant de contextualisation, cet ouvrage apporte sa pierre à l’édifice de la compréhension de la violence guerrière perçue au travers de ses raisons, de ses logiques, voire de ses stratégies. Ses auteurs l’abordent comme un objet construit, pratiqué, voire instrumentalisé et cultivé par les combattants, les groupes armés, les armées et les États des champs de bataille de la guerre de Cent Ans aux affrontements contemporains du Sahel.

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Christian LEDUC et Daniel DUMOUCHEL (dir.), Les ismes et catégories historiographiques. Formation et usage à l'époque moderne, Québec, Presses de l'Université Laval, coll. « Mercure du Nord », 2021.

Résumé

Les disciplines historiques, littéraires et philosophiques font un emploi abondant des catégories historiographiques. Parmi celles-ci, les termes en ismes sont très fréquents pour référer à une doctrine, un courant artistique, une idéologie ou des événements spécifiques. On fait cependant remarquer que ces désignations posent de nombreux problèmes d’interprétation. En particulier, que l’origine exacte d’une catégorie est souvent méconnue et que sa signification est plus équivoque qu’on ne le croit habituellement. La formation d’un terme en isme s’explique souvent dans un contexte polémique et sert à condamner ou critiquer plutôt qu’à comprendre une pensée, un mouvement ou des faits historiques. Les catégories d’athéisme, de classicisme ou de féminisme en sont de bons exemples. Le présent volume vise à contribuer à l’étude critique des catégories historiographiques et des notions en isme en s’attardant à l’époque moderne (XVIe XVIIIe siècles). Il s’agit d’un moment clef de l’histoire européenne pendant laquelle nombre de ces notions apparaissent ou pour laquelle l’historiographie en a fait un emploi abondant. Les chapitres en examinent la valeur théorique par rapport à une origine ou des usages, et déterminent de quelles manières elles contribuent à l’interprétation de l’histoire, de la littérature ou de la philosophie, de la Renaissance jusqu’à la Révolution française.

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Thierry BELLEGUIC et Philip KNEE (dir.), Le sentiment de l'existence. Lectures des Rêveries du promeneur solitaire de Rousseau, Paris, Hermann, coll. « République des lettres », 2021.

Résumé

Les pages lumineuses que le regretté Jean Starobinski consacre aux Rêveries du promeneur solitaire incitent le lecteur à se glisser dans l’ouvrage avec confiance, sans trop s’alarmer de ses évidents paradoxes, au premier titre celui d’une expérience intérieure de la rêverie qui est pourtant soumise à l’extériorité par l’écriture. Car telle serait la rêverie chez Rousseau : non pas l’acte de cesser de penser, mais l’expérience de seulement penser, sans les médiations du savoir ou des autres ; un pur jaillissement avec sa durée propre, où la pensée ne se laisserait distraire ni par des contenus de connaissance ni par le souci du comment dire. Cette conversation de l’homme désocialisé avec lui-même, qui l’ouvre sur des réalités morales inaccessibles à l’homme corrompu, resterait une tâche sans doute – une sorte d’exercice spirituel – mais elle ne reposerait désormais sur rien d’autre que le sentiment intérieur. Si le sentiment de l’existence dit la vérité de l’aventure rousseauiste, il garde son énigme en prenant dans les Rêveries la forme d’une parole énoncée dans la quasi-solitude, qui n’évite la dénaturation qu’en restant adressée à soi seul. Les articles réunis dans le présent volume entendent proposer une contribution à cette question et ainsi, du moins est-ce le souhait qui traverse ces lignes, affiner le goût du lecteur et relancer son étonnement.

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Jean-Luc CHAPPEY, Sébastien CÔTÉ, Maxime GOHIER, Sylviane LEONI, Jean-François LOZIER et Pierre SERNA (dir.), « Barbaries, sauvageries ? »Dix-huitième siècle, no 52, 2020.

Résumé

Catégories transhistoriques, barbarie et sauvagerie s’inscrivent dans l’histoire des nombreux visages d’une altérité lointaine ou toute proche, mais aussi dans une histoire propre au 18e siècle au sein de laquelle les découpes traditionnelles entre « nous » et « les autres » s’émoussent. Dans des territoires où des Européens qu’on dit « ensauvagés » côtoient les populations autochtones, et en un siècle où barbarie et sauvagerie servent de caution légitimante des aspirations de l’aristocratie anti-absolutiste, elles peuvent aussi être porteuses d’une énergie régénératrice des arts et des lettres. Le tournant révolutionnaire rebat les cartes, y compris celles de la barbarie et de la sauvagerie, termes entre lesquels pourtant jusque là on faisait des différences. Et l’opinion devenant la reine du monde, qui saura s’emparer des deux catégories, d’abord ambiguës, ensuite stigmatisantes ? En enchevêtrant finalement barbarie et sauvagerie, le siècle se termine dans une confusion lourde de conséquences pour le 19e siècle.

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Roxanne ROY et Diane DESROSIERS (dir.), Ventriloquie. Quand on fait parler les femmes (XVe-XVIIIe siècles), Paris, Hermann, coll. « République des lettres – série Symposium », 2020, 242 p.

Avec des articles de plusieurs membres et collaborateurs : Renée-Claude Breitenstein, Louise Frappier, Marie Raulier, Claude La Charité, Lucie Desjardins, Kim Gladu, Andréane Audy-Trottier et Catherine Dubeau.

Résumé

À une époque où il est malséant pour les femmes de prendre la parole publiquement pour discuter de matières controversées ou pour formuler la critique de décisions ou de personnages politiques ou religieux, on peut se demander comment, dans les imprimés français de la première modernité, on fait parler une figure féminine ou un groupe anonyme de femmes, surtout lorsque celles-ci sont de basse extraction sociale. Qu’il s’agisse de locutrices agissant comme protagonistes au sein d’un récit ou d’un « je » féminin qui semble se confondre avec une instance auctoriale, ces « voix » féminines présentent une grande diversité d’ethe. Quels types de personæ les ventriloques qu’il s’agisse de rédacteurs féminins ou masculins élaborent-ils dans leurs écrits ? Le travestissement textuel, c’est-à-dire les phénomènes de ventriloquie entendue ici métaphoriquement, soulève plusieurs interrogations relatives à l’auctorialité féminine.

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Pascal BASTIEN, Simon MACDONALD (dir), Paris et ses peuples au XVIIIe siècleÉditions de la Sorbonne, 2020, 304 p.

Résumé

Communauté habile et ingénieuse, multitude licencieuse, naïve et bornée, foule dangereuse et subversive : aux yeux de ses commentateurs, le peuple de Paris semble soutenir toutes les contradictions. À la fois pluriel et singulier, il constitue une masse aux contours informes, une hydre aux milliers de têtes, aussi indomptable pour l'administrateur du XVIIIe siècle qu'insaisissable pour l'observateur du XXIe siècle qui, avec la prudente distance du recul historique, chercherait à en tracer le profil. Paris et ses peuples fait écho à l'ouvrage programmatique de Daniel Roche, qui annonçait en 1981 un important renouvellement de l’histoire socioculturelle sur la capitale. En recentrant l’analyse sur les gestes quotidiens et les maux ordinaires de ses classes laborieuses, l’auteur du Peuple de Paris inaugurait un chantier aux multiples avenues, invitant un foisonnement historiographique dont ce livre se fait en partie témoin. À travers dix-huit nouvelles perspectives, celui-ci propose de croiser les regards sur l’espace parisien pour appréhender la diversité de ses acteurs, l’enchevêtrement de ses réseaux de sociabilités, les discours antagonistes qui le représentent et l’encadrent. Continuellement modelée par les acteurs sociaux qui la sillonnent et se l’approprient, la cité fabrique réciproquement, façonnant les expériences citadines et les modes d’expression d’une culture populaire effervescente. Sur les terrains du travail, de la consommation, des régulations sociales, du voisinage, des circulations urbaines ou des mobilisations politiques, la relation entre Paris et ses peuples, toujours bouillante, fournit le cadre de ruptures et de continuités historiques qui traversent l’Ancien Régime et la Révolution.

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Benjamin DERUELLE, Hervé DRÉVILLON, Bernard GAINOT (dir.), La construction du militaire, vol.3 : « Les mots du militaire : dire et se dire militaire en occident (XVe-XIXe siècle) », Paris, Publications de la Sorbonne, 2020.

Résumé

Troisième volet du programme de recherche intitulé « la construction du militaire », cet ouvrage revient sur les pratiques discursives et langagières qui accompagnent la formation d'une société militaire en Europe. Prismes par lesquels les individus pensent et disent le monde qui les entoure, les formes du langage et leurs usages sociaux portent en effet les systèmes de représentation sur lesquels se construisent les identités individuelles et collectives. Lieu de la mise en scène de soi, pratique de distinction et facteur d’intégration, les usages de la langue contribuent activement à l’affirmation des sociétés et des identités militaires. En ce sens, elles sont un puissant vecteur de la cohésion au sein des armées en général, et des différents corps qui la composent en particulier. Elles sont encore un important médiateur du jeu social et des relations avec le reste du corps politique, mais également un enjeu de pouvoir. Les contributions de ce volume proposent ainsi une réflexion sur la façon dont les mots et les discours ont pris part à la construction d’une identité militaire durant une longue époque moderne courant de la fin du XVe siècle au XIXe siècle. Elles reviennent sur les enjeux politiques, institutionnels et sociaux de la désignation du militaire. Des côtes atlantiques à la grande plaine hongroise, des dernières guerres médiévales aux guerres de la révolution et de l’Empire, elles invitent à réfléchir sur ce long processus qui, de la formation d’une armée permanente à l’aube de la guerre industrielle, a transformé le guerrier en combattant de troupes régulières, et sur la manière dont l’État, la société et les militaires eux-mêmes ont façonné une condition militaire, soigneusement séparée de la condition civile.

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Frédéric CHARBONNEAU et Marie-Paule de WEERDT-PILORGE (dir.), Le Passé composé. La mise en œuvre du passé dans la littérature factuelle (XVIe-XIXe siècles), Paris, Classiques Garnier, 2019, 329 p.

Résumé

La littérature factuelle, des Mémoires à l’historiographie, présente une gamme nuancée de rapports au passé, dont les usages – pédagogiques, politiques ou religieux – et les manifestations dans le récit font l’objet d’un dialogue théorique et critique entre historiens, littéraires et philosophes.

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Alphonse Leroy, Recherches sur les habillemens des femmes et des enfans, ou Examen de la manière dont il faut vêtir l'un & l'autre Sèxe, éd. par Frédéric CHARBONNEAU et Hélène CUSSAC, Paris, Hermann, coll. de la République des Lettres, 2019, 192 p.

Résumé

Alphonse Leroy (1742-1816), bien connu de ses contemporains comme médecin aux opinions tranchées et tranchantes, commença une prolixe carrière d’écrivain médical avec ces Recherches sur les habillemens des femmes et des enfans. Dans cet ouvrage, il rassemble remarques, préceptes, exposés techniques et envolées lyriques à propos de la petite enfance, de l’anatomie, de la nature humaine, de la force de caractère et du danger des modes. Le vêtement, des langes au corset, en passant par la ceinture et le bonnet, lui paraît en effet au cœur des pratiques sociales ; cette protection du corps devient un péril lorsque les conventions contredisent la nature. La «nouvelle révolution», que guide Leroy, apportera le bonheur à tous : le jeune médecin dénonce la perversion des contraintes vestimentaires pour mieux persuader ses lecteurs d’une nécessaire réforme de leurs pratiques. Le projet de Leroy soulève les questions de son époque sur la nature, la famille et la santé publique. Le nouveau-né peut-il survivre sans des soins éclairés par la médecine? Les habitudes sociales nuisent-elles à l’organisme? Le médecin a-t-il pour rôle d’éduquer la société? Lui seul en effet connaîtrait tout autant la nature que les usages et les mirages de la culture.

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Sophie ABDELA, La prison parisienne au XVIIIe siècle. Formes et réformes, Paris, Champ Vallon, 2019, 309 p.

Résumé

On sait peu de chose sur la prison d’Ancien Régime. Les historiens, fascinés par le pénitencier, l’ont largement négligée. Ce livre comble cette lacune en explorant le monde carcéral parisien du XVIIIe siècle, et particulièrement la geôle ordinaire. La prison doit être abordée comme un objet urbain parfaitement intégré dans les dynamiques et les trajectoires quotidiennes de la capitale. Elle est considérée aussi comme un objet économique, à la fois service essentiel qu’il faut financer et occasion d’affaires pour ceux qui la fournissent en marchandises et denrées de toutes sortes. Finalement, la prison est un objet social : les détenus comme le personnel y tissent des liens – de collaboration ou de concurrence, voire d’opposition – qui contribuent à façonner la prison et à la réformer.

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Siméon Prosper Hardy, Mes Loisirs, ou Journal d’événemens tels qu’ils parviennent à ma connoissance (1753-1789), volume 71781-1782, sous la direction de Pascal BASTIEN, Sabine JURATIC, Nicolas LYON-CAEN et Daniel ROCHE, Paris, Hermann, 2019, 687 p.

Résumé

Homme du livre très certainement, Siméon-Prosper Hardy (1726-1806) fut aussi un homme de la rue. Marcheur infatigable au regard acéré et à l’oreille attentive, il observait, écoutait, lisait, annotait et échangeait : au final, cette plume compulsive produisit un immense journal autographe rapportant tout à la fois les grandes préoccupations politiques du siècle et les soubresauts les plus singuliers du quotidien – à un moment où, du reste, le quotidien constituait aussi une grande préoccupation politique. Publié pour la première fois dans son intégralité, le Journal de Hardy peut désormais être compris dans la cohérence d’un véritable projet d’écriture. Consulté par fragments, le Journal révèle des bruits et des rumeurs ; embrassé dans son ensemble, il révèle avec une extraordinaire acuité une ville en crise, bouillonnante et inquiète, prise entre la banalité des jours qui se suivent et la fragilité des vies qui passent. Chaque volume présente une analyse thématique du manuscrit capable de rendre compte de la richesse du Journal en croisant constamment l’événement avec le siècle, et la nouvelle avec l’Histoire. Après avoir exploré le projet d’écriture de Hardy (volume 1), sa sensibilité et ses sociabilités jansénistes (volume 2), sa conscience politique (volume 3), sa conception de l’ordre urbain (volume 4), sa position de libraire et d’homme du livre (volume 5) et son appréhension de l’espace parisien (volume 6), le présent volume interroge la façon dont ce petit notable parisien consomma la rumeur et le bruit public pour fonder un système d’informations complexe et cohérent.

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Lise ANDRIES et Marc André BERNIER (dir.), L’Avenir des Lumières / The Future of Enlightenment, préface de Robert Darnton, Paris, Éditions Hermann, « Collections de la République des Lettres », 2019, 330 p.

Résumé

L’Avenir des Lumières : en réunissant dix-huit études sous ce titre, notre but a été de permettre au lecteur d’appréhender les Lumières dans toute leur richesse, en lui offrant un tableau des recherches actuelles qui nous sont apparues comme les plus prometteuses. En plaçant cet ouvrage sous l’égide de la Société internationale d’étude du dix-huitième siècle, nous souhaitions favoriser une représentation internationale aussi large que possible, à la fois pour accueillir les divers collaborateurs de ce volume bilingue et pour ouvrir le débat au-delà des frontières. Ce qui ressort clairement de ce recueil, c’est la vitalité de la recherche dix-huitiémiste, à la fois comme champ d’étude, que caractérise l’ouverture incessante de nouveaux territoires, et comme véritable laboratoire où s’inventent de nouvelles manières d’envisager l’Histoire. En même temps, nous avons souhaité interroger le XVIIIe siècle non seulement en tant que période historique, mais aussi en tant que culture où s’est forgé l’un des mythes fondateurs de la modernité : celui de la promesse d’émancipation que représente l’examen critique, principe fondamental qu’il faut rappeler plus que jamais au seuil de ce XXIe siècle.

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Frédéric CHARBONNEAU, Les Ondes de choc. Paysage intérieur de Saint-Simon, Paris, Classiques Garnier, « Correspondances et Mémoires — Le Grand Siècle », 2019, 146 p.

Résumé

La sensibilité littéraire de Saint-Simon épouse le registre du contraste, de l’opposition, de la querelle, des chocs. La place qu’ils tiennent dans son paysage intérieur est telle qu’on peut parler de trait structurant, qui organise sa représentation du monde et confère à l’écrivain sa manière.

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Frédéric CHARBONNEAU, Traversées, récit. Montréal, Leméac, « Collection blanche », 2019, 80 p.

Résumé

«Les débris de mémoire abandonnés par le ressac et qui jonchent ma conscience m’appellent au fond des eaux vers les reliquats d’un naufrage : je ne peux pas me contenter d’attendre une épiphanie, il faut aller à sa recherche.» Nous nous échafaudons sur les sédiments d’un passé instable ; une chiquenaude suffit à nous mettre en déséquilibre. Le narrateur de ce récit a perdu pied : il se sent tiré par le fond et, plutôt que de résister au reflux, plonge pour retrouver, épars, le pot à biscuits de la cuisine familiale, le téléviseur en noir et blanc où défilaient les épisodes de Bobino, de Sol et Gobelet et de La ribouldingue, la réserve alimentaire et ses boîtes de soupe Campbell’s, l’inquiétante fournaise au mazout du sous-sol. Mettre de l’ordre dans ce fatras d’objets, qui est celui d’une génération, ne guérira sans doute pas le malade se sentant aspiré vers la mort, mais, comme l’écrit Blaise Pascal, «il faut se connaître soi-même. Quand cela ne servirait pas à trouver le vrai cela au moins sert à régler sa vie, et il n’y a rien de plus juste».

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François Lamy, Les premiers éléments des sciences, édition, introduction et notes par Syliane MALINOWSKI-CHARLES, Paris, Vrin, série « Cartésiens », 2019.

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Benjamin DERUELLE et Emmanuelle CRONIER (dir.), Argumenter en guerre : discours de guerre, discours sur la guerre, discours dans la guerre de l’antiquité à nos jours, Villeneuve d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2019, 418 p.

Résumé

L'art de l’argumentation ne cède pas ses droits en situation de guerre. Au contraire, la préparation des conflits, la conduite des opérations et la reconstruction de la paix sont d’intenses moments de persuasion, de négociation et de confrontation dans lesquels l’art oratoire occupe toute sa place. Fruit d’une collaboration active entre historiens et juristes, cet ouvrage propose, au travers d’un parcours s’étendant de la guerre antique aux conflits contemporains, une réflexion riche, passionnante et novatrice sur les usages et les fonctions du discours en situation de conflit armé. Il nous transporte des plaines du Péloponnèse et de l’Italie romaine au Tribunal international, en passant par les guerres d’Attila et des ducs de Bourgogne, par les conflits religieux et de la monarchie absolue des temps modernes, ou encore par les guerres de sécessions et les deux conflits mondiaux. S’y découvrent alors les modalités et les enjeux de la parole en guerre, qu’il s’agisse de justifier ou de contester l’engagement, la violence ou les buts de guerres ; de convaincre les autorités politiques et l’opinion publique d’entrer dans le conflit ou les combattants de sacrifier leur vie ; ou encore d’implorer le pardon et de réparer des exactions, mais aussi de s’emparer de la gloire d’une victoire ou de repousser la honte d’une défaite.

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Luc VAILLANCOURT, Sandrine TAILLEUR, Émilie URBAIN, Voix autochtones dans les écrits de la Nouvelle-France, Paris, Hermann, coll. République des lettres, 2019.

Résumé

S'il est acquis que les contacts entre les autochtones amérindiens et les allochtones européens ont créé un espace relationnel d'échanges et de métissages identitaires, il reste que ces influences mutuelles procèdent d'un déséquilibre considérable à l'avantage des colonisateurs. Dans ce contexte, l'autorité de l'écrit, pilier de la culture judéo-chrétienne, a ainsi participé à l'asservissement et à l'étouffement des cultures orales amérindiennes. Toute saisie de l'Autre par le texte est devenue, pour les colonisateurs, l'occasion de le rendre sien pour la postérité d'une culture écrite qui ignore toute autre forme de transmission que la sienne. Or, cette postérité de l'écrit, paradoxalement, peut révéler les contours de la culture qu'elle a ensevelie si l'on en déjoue les procédés de minoration et d'assimilation.

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La Cymbale du monde numérique. Adaptation en français moderne et annotation du Cymbalum mundi (Paris, 1537), Éd. scientifique, encodage, traduction de Jean-François VALLÉE, juillet 2019, Epistemon -Corpus de textes de la Renaissance, Bibliothèques Virtuelles Humanistes, janvier 2019.

https://cymbalum-mundi.com/

Résumé

La présente édition numérique est établie à partir de l'exemplaire du Cymbalum mundi (Paris, Jehan Morin, 1537) conservé à la Bibliothèque municipale de Versailles (Goujet in-12 241). Il s'agit du seul exemplaire connu de la première édition de ces dialogues satiriques publiés anonymement et généralement attribués à l'auteur Bonaventure Des Périers. L'ouvrage a été censuré à la suite d'une demande d'examen envoyée par François Ier au président du Parlement, Pierre Lizet, en mars 1538. En juillet de la même année, la Sorbonne a jugé que le livre ne contenait pas d'"erreurs expresses" en matière de foi, mais a tout de même recommandé sa "suppresion" parce qu'elle l'a jugé "pernicieux". Une autre édition du Cymbalum mundi a été publiée à Lyon par Benoist Bonnyn en 1538 (deux exemplaires de cette édition ont survécu : ils sont conservés à la Bibliothèque nationale de France et au Musée Condé à Chantilly). Cet ouvrage, par son contenu énigmatique et son destin éditorial plein de rebondissements, a donné lieu à une très riche littérature secondaire. Composé d'une lettre et de quatre dialogues satiriques (inspirés de Lucien de Samosate), le texte "joyeux et facétieux" met en scène des dieux bien peu divins, des humains trop humains et des animaux qui parlent. Ce petit opuscule a suscité des interprétations extrêmement contradictoires et continue de susciter l'intérêt et la curiosité des spécialistes de la Renaissance.

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Dossier Autour du journal (1753-1789) de Siméon-Prosper Hardy, présenté et coordonné en collaboration avec Frédéric CHARBONNEAU, Histoire, Économie, Société, 37, 2.2018.

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Claude LA CHARITÉ, ΤΥΧΗ ΑΓΑΘΗ ΞΥΝ ΘΕΩ, Rabelais éditeur des Anciens et des ModernesL’Année rabelaisienne (Paris), no 2, 2018, p. 15-212.

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Marie-Florence SGUAITAMATTI et Judith SRIBNAI (dir.), Les récits d’accès au savoir au XVIIe siècle, n° 280, 2018.

Résumé

Le dossier de ce numéro, dirigé par Marie-Florence Sguaitamatti (Université de Zurich) et Judith Sribnai (Université du Québec à Montréal) porte sur les récits d’accès au savoir au XVIIe siècle. Il explore les différentes manières de raconter l’accès au savoir ou à la vérité dans un contexte de profondes transformations épistémologiques, chez les philosophes, les savants, les romanciers, les poètes, les premiers journalistes. Cette revue paraît depuis 1949. Elle vise à mieux faire connaître le XVIIe siècle dans son ensemble, et notamment dans les domaines artistique, historique, juridique, littéraire, philosophique, scientifique et spirituel, elle est pluridisciplinaire par vocation. Elle accueille à cette fin des contributions de chercheurs et d'amateurs érudits, français aussi bien qu'étrangers. Les livraisons de Varia alternent avec les numéros thématiques, élaborés sous la responsabilité d'une autorité scientifique reconnue. Chaque numéro de la revue assure, de surcroît, la recension d'ouvrages récemment parus sur le XVIIe siècle (environ 130 recensions par an).

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Sandrine ROUX, L’Empreinte cartésienne. L’interaction psychophysique, débats classiques et contemporains, Paris, Éditions Classiques Garnier, collection « Les Anciens et les Modernes – Études de philosophie », 2018, 437 p.

Résumé

En abordant le problème corps-esprit sous l’angle des difficultés engendrées par le cartésianisme, cet ouvrage propose un parcours menant de Descartes à la philosophie de l’esprit contemporaine, ainsi qu’une évaluation des positions, sur la base des faits qu’elles permettent ou non d’expliquer.

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Sara HARVEY (dir.), La Critique au présent : émergence du commentaire sur les arts (XVIe-XVIIIe siècle), Paris, Classiques Garnier, 2018.

Avec des contributions des membres Marc André Bernier, Nicholas Dion, Sébastien Drouin, Kim Gladu, Claude La Charité, et Judith Sribnai.

Résumé

Cet ouvrage collectif porte sur l’observation de discours critiques en langue française ayant accompagné la publication initiale de productions artistiques et intellectuelles de l’époque moderne. Il interroge les pratiques de ces discours à la faveur d’une réflexion sur la situation actuelle de l’activité critique.

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Baron de Lahontan, Nouveaux voyages dans l'Amérique septentrionale, Catherine BROUÉ et Réal OUELLET (éds.), Québec, Bibliothèque québécoise, 2018.

Résumé

Constitués de vingt-cinq lettres échelonnées de novembre 1683 à janvier 1694 et censées s’adresser à un « vieux parent » de France, ces Nouveaux voyages relatent l’expérience canadienne d’un jeune officier, sa découverte progressive de l’Amérique et de ses habitants, sa participation aux activités militaires de la colonie et sa propre aventure exploratoire dans le sud-ouest des Grands Lacs, depuis son départ pour le Canada jusqu’à sa fuite précipitée de Plaisance en décembre 1693. Les Nouveaux voyages racontent aussi une expédition menée à l’ouest du Mississippi chez des nations amérindiennes alors inconnues de l’administration coloniale.

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Friedrich Melchior Grimm, Correspondance littéraire, t. XI : 1764, édité par Mélinda CARON, Ferney-Voltaire, Centre international d’étude du XVIIIe siècle, 2018, lxxvii, 613 p.

Résumé

La Correspondance littéraire de Friedrich Melchior Grimm est une source fondamentale pour l'étude des Lumières françaises et de leur propagation en Europe. Cette édition critique, sous forme électronique et sur papier, comporte les deux éléments de la revue: d'une part, le texte de Grimm et celui de ses collaborateurs; d'autre part, le texte des écrits insérés dans les livraisons de la Correspondance littéraire et qui en font partie intégrante.

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Daniel DUMOUCHEL, Angela FERRARO et Christian LEDUC (dir.), « Éclectisme et critique des systèmes au 18e siècle », numéro thématique de Dialogue, revue canadienne de philosophie, 57/4, 2018, p. 685-852.

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Claude LA CHARITÉ, Le meilleur dernier roman, Longueuil, L’instant même, 2018, 179 p.

Résumé

Soucieux d'exister aux yeux des autres institutions, les professeurs en études littéraires d'une université régionale entreprennent de créer un prix littéraire. Après de longues réunions, ils s'entendent sur la création du Prix du meilleur dernier roman. Avec humour, cynisme et une bonne dose d'autodérision, Claude La Charité dépeint avec finesse un milieu qu'il connait bien.

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Frédéric CHARBONNEAU, dossier Frontières du témoignage dans la littérature des XVIIe et XVIIIe siècles (Études françaises, vol. LIV, no 3, Montréal, automne 2018), p. 5-106.

Avec des contributions de P. Bastien (UQAM) et G. Mazeau (Panthéon-Sorbonne), F. Charbonneau, A. Faulot (Nanterre), M-P. Krück (Maisonneuve), L. Laliberté-Bouchard (McGill).

Résumé

Pierre angulaire des Mémoires, du journal ou du récit de voyage, le témoignage est sous l’Ancien Régime au fondement de la vérité historique; il est également la forme de la fiction lorsqu’elle cherche à se garantir par l’autorité d’un témoin. Aussi le témoignage est-il un élément du pacte de lecture de textes qui prétendent être crûs. Le témoin cependant ne peut tout voir et cela lui prescrit une première frontière: celle du ouï-dire. Son caractère fragmentaire d’autre part, sa paucité, voire son absence pour une époque donnée forme une seconde frontière: celle de la tradition. Enfin, il jouxte la fiction dans les récits de voyages, les chroniques scandaleuses, les romans à la première personne, et voit par là son périmètre fondu dans l’imagination. Nous explorons ces frontières dans des contributions portant sur la littérature factuelle, les débats théoriques et diverses œuvres de fiction.

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Diane DESROSIERS, Claude LA CHARITÉ, Christian VEILLEUX et Tristan VIGLIANO (dir.), Rabelais et l’hybridité des récits rabelaisiens, Genève, Droz, coll. « Études rabelaisiennes », t. LVI, 2017, 728 p.

Résumé

Attachée aux idées d’impureté, de dégénérescence et de stérilité dans l’épistémè renaissante, mais valorisée par les régimes esthétiques moderne et postmoderne, l’hybridité est à la fois un propos et une manière de la geste pantagruélique. Ce volume considère trois registres où Rabelais tantôt dissimule les sutures de son bouturage poétique, tantôt en exhibe les tensions productives. Dans l’ordre générique, les fables, listes, joutes oratoires, prières et autres formes littéraires tissent des liens atypiques, mais vivaces. Fécondes aussi sont les rencontres de nature intertextuelle, qui puisent aux sources les plus diverses (savantes et populaires, antiques et contemporaines, françaises, européennes et orientales) et s’observent jusque dans les contrefaçons rabelaisiennes du XIXe siècle. L’hybridité langagière, enfin, procède du mélange babélesque des langues et du croisement d’autres systèmes de signes, ceux-là harmonieux ou inaudibles, comme la musique et le gestuel, voire le silence même.

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Luc VAILLANCOURT, « Des bruits courent » : Rumeurs et propagande au temps des Valois, Paris, Hermann, coll. République des lettres, 2017.

Résumé

Il est des concepts qui semblent appartenir en propre à l’époque contemporaine et ils sont nombreux, parmi les spécialistes d’histoire, de politique et de littérature, à juger impensable, avant l’invention des médias de masse, toute velléité de contrôle de l’information, voire de manipulation de l’opinion publique, faute de moyens concrets pour y parvenir. Or, c’est faire abstraction des modalités antérieures à la disposition du pouvoir comme de ses adversaires, à travers ces rumeurs que l’on fait courir de propos délibéré, ces véritables foyers de propagande que sont, depuis le XIVe siècle, les États généraux et les chancelleries royales, ou ces instruments d’endoctrinement et de contre-pouvoir que constituent les libelles, pamphlets et brochures véhiculant des thèses religieuses assorties d’idées séditieuses. Sans prétendre déterminer un terminus a quo, et en admettant d’emblée que ces phénomènes puissent avoir existé bien en amont de la périodisation retenue – le règne des Valois –, et aussi, bien sûr, à l’extérieur de l’aire géographique où s’exerce l’influence du trône de France, cet ouvrage collectif se propose d’identifier des points de convergence entre les différents corpus examinés sous les regards croisés d’historiens et de littéraires, de manière à rendre compte de pratiques qui dépassent largement le cadre délibératif ordinaire.

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Christian LEDUC, Mogens LAERKE et David RABOUIN, Leibniz. Lectures et commentaires, Paris, Vrin, 2017.

Résumé

Le présent volume est le premier ouvrage collectif dans le monde francophone visant à introduire la pensée de G.W. Leibniz (1646-1716). Il a pour but d’examiner les parties principales de la philosophie leibnizienne ainsi que les disciplines qui s’y rapportent. Ce travail se devait d’être collectif pour deux raisons principales : d’abord, Leibniz contribua de manière importante à une grande diversité de domaines, philosophiques, scientifiques, théologiques et politiques. Ensuite, son corpus, de mieux en mieux connu par l’édition en cours des œuvres complètes, est l’un des plus abondants, mais aussi diversifiés de l’histoire de la philosophie et des sciences. Chaque chapitre est ainsi rédigé par un spécialiste du domaine. Tout en visant à commenter les thèses et les doctrines leibniziennes, les contributions du volume prétendent également prendre part aux discussions et interprétations de la recherche.

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Roxanne ROY, Lucie DESJARDINS et Marie-Christine PIOFFET (dir.), L'errance au XVIIe siècle. Actes du 45e Congrès de la NASSCFL tenu à Québec les 4-5-6 juin 2015, Tübingen, Biblio 17, 2017.

Résumé

L'errance, notion polysémique, revêt au XVIIe siècle, une multitude de formes. Elle peut renvoyer aux déplacements sans destination précise des vagabonds et des peuples errants comme aux va-et-vient des voyageurs ou des promeneurs égarés. Si elle est le fruit d'incertitudes, voire d'erreurs, elle na pas toujours une signification négative. Ainsi, l'errance prend parfois l'allure d'un parcours initiatique, dune quête. Les articles réunis dans le présent ouvrage examinent de multiples représentations de l'errance comprise tant dans sa dimension spatiale que métaphorique, qu'il s'agisse des hésitations des philosophes, des théologiens et des écrivains, des doutes des mystiques ou encore des dérives des amoureux. Dans ses nombreux investissements littéraires et symboliques, l'errance se révèle un motif fécond, qui permet d'aborder sous un angle nouveau les textes du Grand Siècle. Le présent volume est issu des travaux du 45e congrès annuel de la North American Society for Seventeenth-Century French Literature (NASSCFL) qui s'est tenu à Québec du 4 au 6 juin 2015.

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Judith SRIBNAI, Pierre Gassendi et le voyage vers la sagesse (1592-1655), Montréal, Presses de l’Université de Montréal, 2017.

Résumé

Figure centrale de la République des Lettres, Pierre Gassendi a souvent été réduit au rôle du rival malheureux de Descartes ou du philosophe sans système. Cet ouvrage présente pour­tant un savant passionnant, à la pensée riche et complexe, que la pratique et l’éthique de soi ont mené sur le chemin de la connaissance et de la sagesse. En se penchant sur les choix poétiques et discursifs de Gassendi, l’auteure met en avant l’actualité de sa pensée, proche de nos questionnements sur notre rapport aux émotions, à notre corps ou à la nature. Elle tente par ailleurs de saisir sa pensée dans son ensemble, à la fois dans ses dimensions scientifique et spirituelle, sans chercher à opposer ces deux aspects. Ce faisant, elle montre le lien particulier qui s’établit entre vérité, savoir et raison au XVIIe siècle et la manière dont se racontait alors le métier de savant et de penseur – Gassendi empruntant, quant à lui, la voie de la conversion.

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Thierry BELLEGUIC (dir.), Lire Le neveu de RameauDiderot Studies, vol. 35, Genève, Droz, 2017, 420 p.

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Eva STRUHAL et Elisabeth OY-MARRA, Special Issue: Who can read the book of nature?Nuncius, vol. 32, no. 3 (2017), Leiden : Brill, 2017.

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Dario PERINETTI, Aline MEDEIROS RAMOS, et Manuel VÁSQUEZ VILLAVICENCIO. La bibliothèque du Collège royal de La Flèche: les livres d’un grand centre intellectuel de la modernité. Université du Québec à Montréal, 2017.

http://projetlafleche.uqam.ca/

Résumé

La bibliothèque du Collège royal de La Flèche est un lieu historique privilégié où s’enregistrent les grandes transformations scientifiques, philosophiques, politiques, religieuses et culturelles de la période moderne. Dans cette bibliothèque s’éduquent des philosophes comme Descartes et Mersenne. David Hume y écrit aussi son Traité de la nature humaine. Ce site offre une reconstruction de cette importante bibliothèque historique dans le but de mettre en évidence un fragment révélateur de la vie des idées dans la période moderne.

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Mélinda CARON, Écriture et vie de société. Les Correspondances littéraires de Louise d’Épinay (1753-1783), Montréal, Les presses de l’Université de Montréal, coll. « Espace littéraire », 2017, 339 p.

Résumé

Femme des Lumières, Louise d’Épinay est surtout connue pour sa correspondance avec le diplomate napolitain Ferdinando Galiani, de même que pour un long roman autobiographique et Les conver­sations d’Émilie, un dialogue mère-fille traitant d’éducation. On sait moins qu’elle a été, pendant trente ans, la collaboratrice pro­lifique de la Correspondance littéraire, l’un des plus importants périodiques clandestins de la deuxième moitié du XVIIIesiècle. L’analyse des pièces de cette « femme d’esprit » ayant circulé dans les feuilles manuscrites de Grimm et de Meister donne à voir l’aura de la féminité dans la presse littéraire de l’Ancien Régime et la représentation de la relation ayant pris forme entre des rédac­teurs parisiens et leurs lecteurs princiers, tenus au secret et dont le nombre n’a jamais excédé la douzaine d’abonnés. Ce livre, le premier à proposer une critique approfondie des écrits journalistiques et épistolaires de madame d’Épinay, offre une réflexion sur les pratiques d’écriture et les pratiques de socia­bilité d’une femme de lettres et de son proche entourage, sur leur influence réciproque, mais aussi sur l’imaginaire du monde et du milieu philosophique qui fascinait l’Europe de l’époque.

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Philippe Aubert de Gaspé, Mémoires, éd. établie, présentée et annotée par Marc André BERNIER et Claude LA CHARITÉ, deuxième réédition, revue et corrigée, Montréal, Bibliothèque québécoise, 2017, 591 p.

Résumé

À la croisée des Mémoires aristocratiques d’Ancien Régime, des Confessions de Rousseau et des Mémoires d’outre-tombe de Chateaubriand, ce livre tient à la fois de l’autoportrait et du récit historique, l’auteur s’y faisant tantôt l’archiviste de la culture populaire, tantôt le chroniqueur de la vie intellectuelle et sociale des élites. Si sa prose alerte fait revivre ce monde disparu, ses souvenirs expriment surtout une expérience réfléchie du temps qui fuit, la conscience de ses ravages s’ouvrant sur une inquiétude fondamentale à l’égard de l’histoire. Marquée par ce même sentiment de l’éphémère et des destructions irréversibles, de la déculturation et des incertitudes de l’histoire, notre époque peut avec raison reconnaître Philippe Aubert de Gaspé, comme le faisait il y a déjà plus d’un siècle Hubert Larue, « le plus jeune de nos écrivain ».

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Martin BRESSANI et Christina CONTANDRIOPOULOS (dir.), Companion series on 19th Century Architecture, vol. III de Companions to the History of Architecture, Oxford : Blackwell-Wiley, 2017, 640 p.

Résumé

Unprecedented in its in-depth coverage, and with over 500 illustrations, photographs, and architectural drawings the multi-volume Companion to the History of Architecture offers an indispensable resource on architectural thought and practice ranging from the 15th century to the present day.

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Peggy DAVIS, Annick NOTTER, Camille FAUCOURT, Agathe CABAU, dir. et al.Le Scalp et le calumet. Imaginer et représenter l’Indien en Occident du XVIe siècle à nos jours, Paris / La Rochelle, Somogy Éditions d’art / Musée du Nouveau-Monde, 2017, 256 p.

Résumé

La découverte de l’Amérique est un bouleversement sans précédent pour les esprits européens du XVIe siècle qui voient s’élargir considérablement les frontières du monde connu. Le nouveau continent et ses habitants suscitent immédiatement émerveillement et fascination. La figure ambivalente de l’Indien d’Amérique n’a dès lors jamais cessé de peupler notre imaginaire : du bon primitif au héros romantique en passant par l’éternel libertaire et le sauvage sanguinaire, sa représentation a fait preuve d’une remarquable polysémie, se réinventant au gré des courants philosophiques, scientifiques et artistiques du Vieux Continent. L’Indien, tel que les images occidentales l’ont créé et façonné, n’est souvent qu’un mirage, un miroir de nos convictions et de nos aspirations propres. S’appuyant sur des supports iconographiques variés, estampes, cinéma, objets décoratifs, publicité ou jouets, les auteurs s’interrogent sur les mutations chronologiques de cet imaginaire européen influencé entre autres par la littérature, les rencontres ou l’envie de s’incarner en Indien.

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Benjamin DERUELLE et Arnaud GUINIER (dir.), La construction du militaire, t. 2 : « Cultures et identités combattantes en Europe de la guerre de Cent Ans à la Seconde Guerre mondiale », Paris, Publications de la Sorbonne, 2017, 358 p.

Résumé

L'idée de l’existence d’un modèle occidental de la guerre qui serait né dans l’Antiquité a fait l’objet d’une importante diffusion au cours des dernières années. Prenant le contre-pied de cette position, cet ouvrage – deuxième parution autour d’un projet de recherche consacré à la construction du militaire – propose une étude nuancée et polychrome du soldat européen des Temps modernes. Des lices et champs de bataille de la fin du Moyen Âge aux tribunes de l’entre-deux-guerres, des affrontements de la Révolution aux tranchées de la Première Guerre mondiale, les auteurs dévoilent des cultures d’armes distinctes, des identités professionnelles plurielles et des sentiments d’appartenance contrastés, loin d’un modèle occidental intemporel. Cette diversité mise au jour invite à réfléchir au rôle du combat dans la construction des identités, des valeurs et des mémoires individuelles ; en retour, elle pose la question de leur influence sur les pratiques martiales, l’élaboration des règles guerrières et les interactions entre civils et militaires. Les exemples concrets développés dans cet ouvrage permettent de saisir l’émergence et les transformations tant des cultures que des identités combattantes européennes, dont l’évolution est caractérisée par des tensions, des ruptures, mais aussi des lignes de force. Au gré de contextes politiques, sociaux et religieux changeants – de l’État à l’État-nation –, au contact de peuples et de cultures divers, se développe ainsi le soldat de l’Europe moderne.

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MARION Dominic, Sade et ses lecteurs, Une historiographie critique (XVIIIe-XXIe siècle), Hermann, 2017.

Résumé

Référence taboue peu à peu libérée de la censure, Sade a scandalisé, suscité l’admiration, mais surtout stimulé la réflexion et la création. De nombreux regards portés sur sa vie et son écriture illustrent les enjeux propres à la lutte opposant discours institutionnel et subversion. Consacré aux représentations de D.A.F. de Sade et du sadisme dans les pratiques littéraires, de même que dans les discours critiques, cliniques, psychanalytiques et philosophiques, cet ouvrage entreprend de retracer la genèse de l’influence de Sade à partir de la fin du XVIIIe siècle jusqu’à l’avènement de nos sociétés de consommation. La synthèse qui en résulte valorise le potentiel critique de l’acte de lecture. Elle montre comment lire Sade peut devenir une manière de comprendre le rapport entre la représentation de la violence et l’exercice du pouvoir au sein du monde occidental.

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BASTARACHE Kassandre, L’utopie désenchantée, Anti-utopie et pessimisme anthropologique chez Swift et Desfontaines, Hermann, 2017.

Résumé

Oscar Wilde écrivait qu’« une carte du monde sur laquelle ne figure pas l’Utopie ne vaut pas le coup d’œil, dans la mesure où elle fait fi du seul pays vers lequel tend constamment l’humanité ». S’il est vrai que la quête de la société parfaite est au cœur même des aspirations humaines, l’optimisme que suppose l’utopie ne fait pas toujours consensus. En s’appuyant sur les Voyages de Gulliver de Jonathan Swift et Le Nouveau Gulliver de l’abbé Desfontaines, cet ouvrage vise à répondre à cette question : qu’est-ce qui, fondamentalement, invalide les cités idéales au profit de leurs revers cauchemardesques ? Au siècle des Lumières, alors que s’exerce encore fortement l’influence du pessimisme anthropologique des moralistes classiques, la réponse n’a pas de quoi surprendre : parce qu’elle porte l’homme en son sein, l’utopie renferme nécessairement les germes de sa ruine.

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GLAUDES Pierre, VASAK Anouchka (dir.), Les nuages, du tournant des Lumières au crépuscule du romantisme, Hermann, 2017.

Résumé

Les nuages sont aujourd’hui au cœur du débat sur le réchauffement climatique ; les sciences et technologies de l’information et de la communication inventent l’« informatique en nuage » ; les « chasseurs de nuages » soumettent leurs clichés à la Cloud Appreciation Society. Le nuage est résolument moderne. Suivant les voies ouvertes par Michel Serres et Hubert Damisch, littéraires, philosophes, historiens des sciences, de l’art, de la musique, et une géographe-climatologue ici rassemblés abordent la question du nuage à un moment-clé de l’histoire occidentale : celui qui, du tournant des Lumières au crépuscule du romantisme, ouvre la modernité. S’y révèlent le double mouvement de laïcisation de la pensée et de permanence de l’irrationnel ou du mythe, le brouillage entre le sujet et le monde, et le travail des penseurs comme des artistes – écrivains, peintres, musiciens –, pour appréhender, dire et représenter ce qui échappe.

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Siméon Prosper Hardy, Mes Loisirs, ou Journal d’événemens tels qu’ils parviennent à ma connoissance (1753-1789), volume 6, 1779-1780, sous la direction de Pascal BASTIEN, Sabine JURATIC et Daniel ROCHE, Paris, Hermann, 2017, 629 p. Présentation de Julie Allard.

Résumé

Le Journal d’événemens de Siméon-Prosper Hardy est une source de référence pour les historiens des Lumières et de la Révolution. L’immense manuscrit du libraire révèle anecdotes, faits divers, témoignages et transcriptions d’arrêts et d’affiches offrant aux chercheurs un tableau exceptionnel du Paris de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Publié pour la première fois dans son intégralité, le Journal de Hardy peut désormais offrir un nouveau spectacle au lecteur : celui d’une histoire continue et ininterrompue d’un univers en crise. Chaque volume présente une analyse thématique du manuscrit capable de rendre compte de la complexité et de la valeur exceptionnelle de sa composition. Les éditeurs ont d’abord étudié le projet d’écriture de Hardy (volume 1), sa sensibilité religieuse (volume 2), sa conscience politique (volume 3), ses observations particulières et uniques sur la police parisienne (volume 4) et sa position privilégiée dans le monde du livre et de la librairie (volume 5). Le présent volume est consacré à l’occupation et à l’appropriation de la ville par Hardy, observateur scrupuleux d’un espace parisien en pleine restructuration.

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Benjamin Deruelle et al., Sciences, techniques, pouvoirs et sociétés, 1500-1789, Paris, Atlande, 2016.

Résumé

Traitant du sujet 2017 et 2018 d'Histoire moderne du CAPES d'Histoire-Géographie, de l'agrégation d'Histoire et de l'agrégation de Géographie, cet ouvrage fait le point sur le poids des sciences et des techniques dans l'irruption de la modernité en Angleterre, en France, aux Pays-Bas/Provinces Unies et dans la péninsule italienne.

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Sophie Abdela, Simon Dagenais, Julien Perrier-Chartrand, Marie-Florence Sguaitamatti (dir.), La sociabilité du solitaire : pratiques et discours de l’intimité, de l’exclusion et du secret à l’époque moderne, actes du XIIIe colloque « Jeunes chercheurs » du Cercle interuniversitaire d’étude sur la République des Lettres (CIERL), Paris, Hermann, 2016, 182 p.

Résumé

Le thème de la sociabilité du solitaire invite à une nouvelle appréciation de l’existence sociale et des expériences communes de ceux qui inscrivent leur vie et leur action dans le recueillement, la retraite, le bannissement ou la clandestinité. La notion d’individu, qui est au cœur de ces préoccupations, a parfois écrasé le caractère public de la représentation et des expériences de l’intime, comme si le privé ne pouvait se concevoir qu’à l’encontre du public, l’individu qu’à l’encontre des autorités légitimes et la prise de parole personnelle qu’à l’encontre d’une communauté. Une autre facette de l’émergence de l’intimité à l’époque moderne s’exprime ainsi dans les Mémoires, la correspondance, les romans et diverses formes de récits où se côtoient expérience vécue et fiction. Ces solitaires qui s’écrivent sont plongés dans une sociabilité à laquelle ils ne peuvent – ni ne veulent, bien souvent – se soustraire ou échapper et dont leurs écrits sont imprégnés. Ces actes du XVIIIe colloque « Jeunes chercheurs du CIERL » suggèrent de repenser à la fois la sociabilité, la solitude, leur croisement, ainsi que les sources qui nous permettent de les saisir. Surtout, ils nous convient à abandonner les dichotomies trop simples – individu et groupe, privé et public – qui voudraient compartimenter une réalité bien trop alambiquée pour être ainsi disjointe.

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Marc André Bernier, avec Marc Angenot et Marcel Côté (dir.), Renaissances de la rhétorique. Perelman aujourd’hui, Montréal, Nota Bene, 2016, 373 p.

Avec des textes de Marc Angenot, Marc André Bernier, Philippe Breton, Marcel Côté, Ekkehard Eggs, Hugo Hardy, Thierry Herman, Roselyne Koren, Mireille Lalancette, Guylaine Martel, Loïc Nicolas Christian Plantin et Michael Rinn.

Résumé

Destinée depuis l'Antiquité à assurer l'éducation à la parole, la rhétorique a longtemps été placée au coeur des parcours d'apprentissage. Si les XIXe et XXe siècles l'avaient souvent réduite à un verbiage enjôleur, elle a retrouvé, de nos jours, sa pertinence pédagogique et théorique. Sa redécouverte constitue même l'un des phénomènes majeurs de la vie intellectuelle de notre temps. Nous devons cette renaissance à Chaïm Perelman et au rayonnement exceptionnel dont a joui son Traité de l'argumentation, qui en fait l'un des grands novateurs du XXe siècle. En renouant avec la mémoire oubliée de la tradition oratoire, Perelman restaurait, au coeur de la modernité, une capacité perdue à réfléchir sur la puissance du verbe et à soumettre toute prise de décision à l'épreuve d'un débat raisonnable. Cet ouvrage souligne cet apport décisif de l'éminent philosophe belge en proposant une synthèse des perspectives qu'il a ouvertes, depuis le droit et les sciences politiques jusqu'aux études littéraires et aux sciences de la communication. En réunissant les meilleurs spécialistes, ce livre témoigne de la postérité de l'oeuvre de Perelman en tant qu'expression privilégiée des diverses renaissances de la rhétorique.

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Marc André Bernier et Marie-Laure Girou Swiderski, Madame d’Arconville, moraliste et chimiste au siècle des Lumières. Édition critique, Oxford, Voltaire Foundation, « Oxford University Studies in the Enlightenment », 2016 : 01, 248 p.

Résumé

Mme d’Arconville échappe à tout classement: femme de lettres – auteure d’essais, de romans, de textes autobiographiques –, elle est aussi une chimiste dont les travaux furent reconnus de son vivant et les résultats corroborés jusqu’à Pasteur. La chimie lui servit de modèle pour construire une interprétation globale de la nature qui, au nom de l’inconstance fondamentale des êtres, considère toute chose à partir de son potentiel de transformation. Cet ouvrage invite à découvrir le parcours exceptionnel de Mme d’Arconville. Six articles rédigés par les meilleurs spécialistes accompagnent l’édition de la préface de son Essai sur la putréfaction, texte phare de son activité scientifique, et celle de deux œuvres inédites, qui comptent parmi les plus beaux récits autobiographiques féminins du XVIIIe siècle: ‘Histoire de mon enfance’, où s’esquisse le projet de faire du premier âge de la vie l’objet d’une science de l’homme, et ‘Sur moi’, où elle retrace de manière précise et passionnante les épisodes les plus douloureux de la Révolution. L’ouvrage montre ainsi la cohérence de sa démarche: à la thèse d’une nature en perpétuelle fermentation fait écho une pensée morale qui se refuse à enfermer les individus dans des identités fixes. En donnant la parole à la savante et à la moraliste, Marc André Bernier et Marie-Laure Girou Swiderski rendent à Mme d’Arconville la place qui lui revient dans l’aventure intellectuelle du siècle des Lumières.

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Roxanne Roy et Marie-Ange Croft (dir.), « Guerre et texte sous l’Ancien Régime : réécriture, procédés et enjeux », Tangence, no 111, Automne 2016.

Résumé

Que ce soit par les souffrances qu’elle génère ou par les actes de bravoure qu’elle suscite, la guerre marque profondément l’imaginaire collectif sous l'Ancien Régime. Ce dossier intitulé Guerre et texte entend réfléchir sur les enjeux et les stratégies de mise en récit de la guerre dans la littérature française d’Ancien Régime, en France et en Nouvelle-France. Sur le plan méthodologique, il offre un éventail d’approches pluridisciplinaires qui se situent au carrefour de l'histoire de la littérature, de l'histoire militaire et politique, de la rhétorique, de la morale, des institutions. Les contributions rassemblées ici se proposent de voir comment les événements ont été relus, puis mis en récit à travers les témoignages historiques, narratifs et fictifs. S’interrogeant sur les liens qu’entretiennent guerre et texte aux XVIe et XVIIe siècles, l’objectif commun de ces articles est de faire ressortir en quoi le thème de la guerre a été traité de manière originale par les écrivains de l'Ancien Régime. Quels sont les procédés de réécriture privilégiés par les auteurs ? Quels enjeux esthétiques, moraux, politiques, diplomatiques, entourent la mise en fiction de la guerre ? À quelle fin y a-t-on recours dans les textes ? Quelles représentations propose-t-on des femmes mousquetaires, des héros militaires, du simple soldat ou du roi guerrier ? Comment perçoit-on ces figures de femmes et d'hommes armés dans les textes ? À quelles valeurs ou idéologies répondent-elles ? Telles sont quelques-unes des questions qui retiennent l'attention de nos collaborateurs et qui sous-tendent les articles du numéro.

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Roxanne Roy et Claude La Charité (dir.), « Henri III à l’école de la rhétorique », Rhetorica, vol. 33, no 3, été 2015.

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Ce dossier est issu des travaux tenus lors d’une séance consacrée à Henri III et la majesté de la parole, organisée par Claude La Charité dans le cadre de la Sixteenth Century Society Conference. L'ensemble des six contributions rassemblées souligne la nécessité qu'éprouve Henri III de suivre des leçons d'éloquence, étudie les divers manuels de rhétorique que l'apprenti orateur réclame à cet effet, évalue sa maîtrise de l'art de persuader et ses conséquences politiques. La formation rhétorique du roi est donc au cœur des préoccupations qui retiennent l'attention des collaborateurs. L'intérêt du dossier repose notamment sur l'originalité du corpus qui va au delà des trois traités d'éloquence royale, puisqu'il est constitué de trois manuscrits inédits, ainsi que de discours tenus à l'Académie du Palais, de lettres et de harangues. Quant aux approches méthodologiques retenues, elles se situent dans une perspective résolument interdisciplinaire, au carrefour de l'histoire de la littérature, de la rhétorique, de la pédagogie, des institutions et des représentations politiques.

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Frédéric Charbonneau (dir.), La Fabrique de la modernité scientifique: discours et récits du progrès sous l'Ancien régime, Oxford, Oxford Studies on the Enlightenment, 2015.

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Après avoir donné prise à des considérations équivoques, l’idée du progrès gagne son entière légitimité au XIXe siècle. Comment s’est faite la transition? A en chercher les facteurs sous l’Ancien Régime, on se rend compte que les écrits sur la modernité scientifique sont rarement mis en évidence et la structure même de leur contenu peu étudiée. Sous la direction de Frédéric Charbonneau, des historiens de la littérature, de la philosophie et de la médecine analysent la construction d’un discours du progrès. A l’époque des Lumières, il s’est constitué dans l’imaginaire collectif un panthéon regroupant non plus des dieux mais des hommes: Copernic, Tycho Brahe, Kepler, Galilée, Harvey, Descartes, Newton…Erigés en véritables icônes par l’historiographie médicale et scientifique, ces héros deviennent non pas l’objet des récits sur le progrès mais le prétexte de ceux-ci. Les collaborateurs de ce volume se sont penchés sur ces textes qui reflètent toute l’ambiguïté ressentie à l’encontre de la science moderne au XVIIIe siècle: quand des narrations ensevelissent des savants après les avoir portés au pinacle tel Buffon ou Bordeu, d’autres mêlent simultanément éloges et critiques comme dans le cas de Vésale. L’étude de ces textes qui transforment certains acteurs en emblèmes porte un éclairage inédit sur l’historiographie et offre une nouvelle façon de penser l’histoire des sciences et de la médecine.

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Marc André Bernier, Clorinda Donato et Hans-Jürgen Lüsebrink (dir.), Jesuit Accounts of the Colonial Americas. Textualities, Intellectual Disputes, Intercultural Transfers, Toronto, University of Toronto Press, 2014, 441 p.

Résumé

In recent years scholars have turned their attention to the rich experience of the Jesuits in France and Spain’s American colonies. That attention has brought a flow of new editions and translations of Jesuit accounts of the Americas; it is now time for a study that examines the full range of that work in a comparative perspective. Jesuit Accounts of the Colonial Americas offers the first comprehensive examination of such writings and the role they played in solidifying images of the Americas. The collection also provides a much-needed re-examination of the work of the Jesuits in relation to Enlightenment ideals and the modern social sciences and humanities – two systems of thought that have in the past appeared radically opposed, but which are brought together here under the rubric of modern ethnographic knowledge. Linking Jesuit texts, the rhetorical tradition, and the newly emerging anthropology of the Enlightenment, this collection traverses the vast expanses of Old and New World France and Spain in fascinating new ways.